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Une nouvelle forme de contraception grâce à des anticorps neutralisant les spermatozoïdes

Crédits : Christoph Burgstedt / iStock

En partant d’une forme spécifique de stérilité chez les femmes, des chercheurs étasuniens ont mené des travaux concernant une nouvelle une méthode de contraception non hormonale. Cette technique se base sur la capacité d’anticorps à neutraliser les spermatozoïdes chez certaines femmes.

Une possible alternative aux contraceptifs actuels

La Science recherche constamment de nouveaux moyens de contraception. En 2019 par exemple, un laboratoire étasunien évoquait ses recherches au sujet d’un gel contraceptif sans hormones. Ce produit était source d’espoir pour les femmes désirant arrêter la contraception hormonale en raison de ses effets secondaires. D’autres recherches vont dans le même sens, comme celles ayant fait l’objet d’une publication dans la revue Science Translational Medicine le 11 août 2021. Une équipe de l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill (États-Unis) a évoqué une nouvelle méthode se basant sur une forme spécifique de stérilité chez les femmes.

Chez certaines femmes, des anticorps sont capables de détecter et de neutraliser les spermatozoïdes. En effet, leur système immunitaire cible ces cellules d’origine étrangère, ce qui rend impossible la conception d’un enfant sans assistance médicale. Si cette stérilité est un malheur pour certaines femmes, d’autres pourraient clairement en profiter. Et pour cause, les meneurs de l’étude y voient une alternative aux contraceptifs actuels.

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Crédits : Flickr/Sarah C

«De nombreuses femmes risquent une grossesse non désirée en raison de contre-indications médicales ou d’insatisfaction vis-à-vis des méthodes contraceptives, y compris les effets secondaires réels et perçus associés à l’utilisation d’hormones exogènes», expliquent les chercheurs.

Des résultats très prometteurs

Dans leur publication, les scientifiques expliquent avoir récupéré ces anticorps portant l’appellation spécifique de « anticorps monoclonaux de liaison au sperme ». Ils y ont ensuite ajouté entre 6 et 10 fragments supplémentaires de liaison à un antigène universellement présent sur les spermatozoïdes humains. Ainsi, les anticorps se sont montrés 10 à 16 fois plus performants dans leur capacité de neutralisation. En revanche, ce contraceptif n’a pas encore fait l’objet de tests chez les femmes. L’étude repose en effet sur une injection des anticorps dans le vagin d’une brebis. Les résultats sont toutefois très prometteurs : avec 33 g de produit, 99,9 % des spermatozoïdes ont été neutralisés.

Dans le cas où un jour, ce genre de contraceptif soit reconnu et pourquoi pas démocratisé, de nombreuses femmes pourraient en faire le choix. En attendant, les chercheurs à l’origine de ce projet devront tester l’efficacité et la tolérance des anticorps chez la femme. Il s’agira d’afficher des résultats proches de ceux obtenus via les expériences sur les brebis.