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Un nouvel espoir dans la lutte contre les maladies neurodégéneratives

Crédits : Else If Then / Wikimedia Commons

Des scientifiques viennent de mettre au point une nouvelle approche particulièrement efficace qui permet de transformer, en un temps record, des cellules souches humaines en motoneurones. Une avancée majeure qui permettra de lutter plus efficacement contre certaines maladies paralysantes.

Une cellule souche est, par définition, une cellule qui possède la capacité de donner naissance à tous les types cellulaires présents dans l’organisme via sa différenciation. Cette aptitude si particulière n’est pas sans intéresser les scientifiques puisqu’elle offre de très nombreuses possibilités aussi bien en médecine régénérative que dans la compréhension des mécanismes physiopathologiques ou dans la recherche de nouvelles stratégies thérapeutiques. Pour autant, du fait de la mauvaise compréhension des mécanismes moléculaires impliqués dans la différenciation, les chercheurs se retrouvent bien souvent confrontés à l’incapacité de pouvoir obtenir de manière ciblée et efficace des cellules spécialisées à partir des cellules souches humaines.

Une méthode novatrice

Des chercheurs à l’Institut des cellules Souches pour le Traitement et l’Étude des maladies Monogéniques (I-Stem) ont cependant réussi à développer une nouvelle approche qui permet de produire plusieurs types cellulaires de manière extrêmement sélective et rapide. Une avancée importante qui a pu être réalisée grâce à l’étude des interactions entre certaines molécules-clés qui contrôlent le développement embryonnaire.

« La différenciation ciblée des cellules pluripotentes (ndlr: Cellules souches) humaines est souvent un processus long et peu efficace. C’est le cas pour obtenir des neurones moteurs qui sont pourtant touchés dans de nombreuses maladies. Aujourd’hui, nous obtenons ces neurones avec notre approche en seulement 14 jours, quasiment deux fois plus vite qu’auparavant, et ceci avec une homogénéité rarement atteinte. », a ainsi expliqué Cécile Martinat, chargée de recherche Inserm à l’I-Stem, relayée par le site futura-sciences.

De nouvelles perspectives dans la lutte contre les maladies neurodégénératives

Ces travaux, qui ont été publiés dans la revue Nature biotechnology, devraient permettre d’ouvrir la voie à de nouvelles recherches qui aideront les scientifiques à mieux comprendre le fonctionnement des maladies impliquant une dégénérescence des neurones moteurs. « Nous envisageons d’étudier pourquoi certains neurones sont touchés et pourquoi d’autres sont préservés », a expliqué Stephane Nedelec, chercheur dans l’équipe de Cécile Martinat.

Par ailleurs, l’approche développée permettra également de tester de nouveaux traitements pour lutter contre des pathologies paralysantes comme l’amyotrophie spinale infantile ou la maladie de Charcot. « Disposer rapidement de grandes quantités de neurones sera utile pour tester un nombre conséquent de molécules pharmacologiques en vue d’identifier celles qui sont capables d’éviter la mort des motoneurones », a ainsi conclu Cécile Martinat.

Sources : lepoint — futura-sciences