De nouveaux anticorps identifiés peuvent cibler de nombreux virus de la grippe

anticorps virus grippe
Illustration du virus de la grippe A, montrant les principales protéines de surface, l'hémagglutinine (en violet) et la neuraminidase (en rose foncé), que le virus utilise pour infecter les cellules. Crédits : Selvanegra

Des chercheurs ont récemment identifié une classe d’anticorps présente dans le sang humain qui démontre une capacité à neutraliser plusieurs formes du virus de la grippe A. Cette découverte suscite l’espoir de développer des vaccins plus largement protecteurs contre les virus saisonniers grippaux.

En évolution constante

La grippe est causée par quatre types de virus : A, B, C et D. Parmi eux, les virus de type A et B sont responsables des épidémies saisonnières de grippe chez les humains. Le virus de la grippe A est par ailleurs subdivisé en différents sous-types, tels que H1N1 et H3N2, qui se distinguent par des variations dans les protéines d’hémagglutinine (H) et de neuraminidase (N). L’hémagglutinine permet ici au virus de la grippe de pénétrer dans les cellules hôtes, tandis que la neuraminidase facilite sa libération.

Les vaccins actuels sont formulés pour cibler des souches spécifiques de ces sous-types. Cependant, en raison de la capacité du virus à muter fréquemment, ces approches préventives nécessitent des mises à jour régulières pour rester efficaces, ce qui nous ramène à cette nouvelle découverte.

Close-up medical syringe with a vaccine.
Crédits : Flinders University

De nouveaux anticorps face à la grippe

Dans le cadre de récents travaux, des chercheurs ont en effet identifié une nouvelle classe d’anticorps dans le sang humain qui cible différentes formes du virus de la grippe A, notamment les souches H1 et H3. Contrairement aux vaccins actuels qui sont formulés pour des souches spécifiques et nécessitent des mises à jour constantes en raison des mutations du virus, ces anticorps pourraient ainsi offrir une meilleure protection, indépendamment des variations génétiques.

Les chercheurs ont réalisé des expériences en laboratoire montrant que ces anticorps pouvaient réagir avec des souches de grippe qui circulent sur une période étendue, allant des années 1980 à 2015. Cette réactivité suggère que le système immunitaire humain a développé une réponse évolutive capable de cibler différentes souches du virus au fil du temps.

Ces résultats pourraient donc avoir des applications importantes pour la conception de futurs vaccins. « Étant donné la bonne série d’expositions/vaccinations au virus de la grippe, il est possible pour les humains de développer des réponses d’anticorps robustes qui neutralisent les virus H1N1 et H3N2 divergents, ouvrant ainsi de nouvelles voies pour concevoir des vaccins améliorés« , notent en effet les auteurs dans un communiqué.

Autrement dit, il pourrait y avoir un moyen de garantir que les vaccins déclenchent la production de ces anticorps à large action afin de garantir que les injections protègent également bien contre ces deux sous-types du virus.