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Un nouveau tyrannosaure découvert aux États-Unis

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Quatre tyrannosaures se disputent la carcasse d'un Centrosaurus . Crédit : Rudolf Hima / Badlands Dinosaur Museum.

Une équipe de paléontologues annonce avoir identifié les restes d’un nouveau tyrannosaure dans le Montana. Le prédateur, nommé Daspletosaurus wilsoni, affiche une combinaison unique de caractéristiques suggérant qu’il représente une étape de transition dans la lignée menant au Tyrannosaurus rex.

Les Tyrannosauridés forment une famille de théropodes prédateurs de grande taille qui comprend le célèbre T. rex. Ils se caractérisaient par des crânes massifs, des dents épaisses et des membres antérieurs très courts. Connus depuis longtemps pour avoir fréquenté les régions d’Amérique du Nord et d’Asie, on ignore encore beaucoup de choses concernant leur histoire évolutive.

C’est notamment le cas pour le genre daspletosaurus, présent dans la partie ouest de l’Amérique du Nord au Canada et aux États-Unis il y a entre 77 et 74 millions d’années. Moins connus que les T. rex, ces prédateurs mesuraient tout de même huit à neuf mètres de long pour près de trois tonnes sur la balance.

Deux espèces étaient jusqu’à présent rattachées à ce genre : Daspletosaurus torosus et Daspletosaurus horneri. Cependant, de nombreux paléontologues ne sont pas d’accord sur le fait de savoir si ces tyrannosauridés s’intégraient ou non sur une même lignée. La reconstruction des relations évolutives de ces prédateurs a été entravée par la rareté des spécimens disponibles, d’où l’intérêt de cette nouvelle découverte.

Découverte d’un « chaînon manquant »

Daspletosaurus wilsoni aurait parcouru la Terre à l’époque du Crétacé supérieur, il y a environ 76,5 millions d’années. Ses restes fossilisés, son maxillaire gauche (mâchoire supérieure), ont été fouillés dans la formation de Judith River, près de Glasgow dans le Montana (États-Unis).

Dans la revue Peerj, les auteurs de l’étude notent que Daspletosaurus wilsoni affiche un mélange de caractéristiques trouvées chez des tyrannosaures plus primitifs de roches plus anciennes, comme un ensemble proéminent de cornes autour de l’oeil, ainsi que des caractéristiques autrement connues des membres ultérieurs de ce groupe (y compris Tyrannosaurus rex), comme une grande orbite et des poches d’air élargies dans le crâne.

À la lumière de ces analyses, il apparaît alors que cette nouvelle espèce est un « mi-chemin » entre les espèces de tyrannosaures plus anciennes et plus jeunes. Il s’agirait donc d’une sorte de chaînon manquant permettant de relier les espèces du genre daspletosaurus à la lignée menant à Tyrannosaurus rex.

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Maxillaire gauche de Daspletosaurus wilsoni illustré en vues latérale (A) et médiale (B). Crédits : Warshaw & Fowler, doi : 10.7717/peerj.14461.
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Une illustration de ce à quoi aurait pu ressembler Daspletosaurus wilsoni. Crédits : Andrey Atuchin / Musée des dinosaures des Badlands.

Que nous apprend l’étude sur l’évolution des dinosaures ?

Dans le Crétacé supérieur d’Amérique du Nord, de nombreuses familles de dinosaures sont représentées par plusieurs espèces étroitement apparentées. On pensait auparavant qu’ils représentaient une certaine diversité (autrement dit, qu’ils vivaient en même temps), ce qui serait la preuve d’une évolution ramifiée. Cependant, plusieurs nouveaux spécimens et une meilleure compréhension de leur placement dans le temps ont fait évoluer cette idée.

Nous pouvons maintenant voir que bon nombre de ces espèces étaient en réalité très finement séparées dans le temps les unes des autres, formant des étapes consécutives dans le cadre d’une seule et même lignée évolutive, au sein de laquelle une espèce ancestrale évolue directement en une espèce descendante.

C’est ce qu’on appelle le mode d’évolution anagenèse. Il contraste avec la cladogenèse qui implique des événements de ramification successifs produisant de nombreuses espèces  étroitement liées qui se ressemblent donc les unes aux autres, mais qui ne sont en réalité que des cousins ​​évolutifs plutôt que des ancêtres et descendants directs.

Nous savions que d’autres familles de dinosaures (dont ceux à cornes ou à bec de canard) avaient évolué selon ce mode anagenèse. Cette étude soutient que les tyrannosaures aussi, suggérant que l’évolution linéaire est plus répandue qu’on ne le pensait auparavant.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.