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Un nouveau trio de télescopes va partir à la chasse aux exoplanètes

Crédits : ESO

Un nouvel instrument effectuait il y a quelques jours ses premières observations du ciel depuis l’Observatoire de La Silla, géré notamment par l’Observatoire Européen Austral (ESO). Les télescopes ExTrA seront dédiés à la recherche ainsi qu’à l’étude des exoplanètes de type Terre en orbite autour de naines rouges proches.

En attendant le lancement tellement attendu du James Webb Telescope dans quelques mois, les astronomes pourront s’appuyer sur ExTrA. Le projet Exoplanets in Transits and their Atmospheres, hébergé à l’Observatoire La Silla de l’ESO au Chili, est financé par le Conseil Européen de la Recherche et l’Agence Nationale de la Recherche en France. Il fera l’objet d’une surveillance en continu des étoiles naines rouges voisines à la recherche de la présence d’exoplanètes. Les télescopes seront exploités à distance depuis Grenoble.

ExTrA n’est pas un chasseur de planètes ordinaire. Ses trois télescopes de 0,6 mètre scruteront les baisses éventuelles de luminosité qui pourraient signaler le passage d’une exoplanète en orbite, en utilisant la méthode du transit planétaire. Déceler la présence de planètes de type terrestre depuis la Terre est en revanche très compliqué, tant les variations de luminosité sont infimes et les perturbations nombreuses. Pour pallier ce problème, les trois télescopes ExTrA collecteront la lumière en provenance de l’étoile cible et de quatre étoiles de comparaison. Cette lumière sera ensuite transmise par fibres optiques à un spectrographe multi-objets. Cette approche novatrice, qui consiste en l’ajout d’informations spectroscopiques à la traditionnelle photométrie permettra d’atténuer l’effet perturbateur de l’atmosphère terrestre, ainsi que les effets générés par les instruments et les détecteurs – augmentant par là même le degré de précision atteint.

Les astronomes ont par ailleurs choisi La Silla en raison des excellentes conditions atmosphériques du site. « Le type de lumière que nous observons – le proche infrarouge – est très facilement absorbé par l’atmosphère terrestre, nous avons donc besoin des conditions les plus sèches et les plus sombres possibles », note Xavier Bonfils, chercheur principal du projet ExTrA dans un communiqué de presse de l’ESO. « La Silla correspond parfaitement à nos spécifications ».

À l’heure actuelle, les chercheurs ont découvert et confirmé plus de 3 700 exoplanètes, principalement grâce à Kepler. Sur ce nombre, 188 ont une masse inférieure à 8 masses terrestres et sont donc probablement telluriques, avec peut-être une atmosphère. Mais ce nombre devrait encore gonfler au cours de ces prochaines années. Les cibles seront plus nombreuses, mais également plus précises. « La mise en place de la nouvelle génération de télescopes nous permettra d’étudier les atmosphères des exoplanètes découvertes au moyen d’ExTrA et donc d’évaluer la probabilité qu’elles abritent la vie telle que nous la connaissons. L’étude des exoplanètes fait désormais entrer la science-fiction dans l’univers de la science » conclut le chercheur avec enthousiasme.

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