Les astronautes de l’ISS ont déjà un dispositif capable de faire pousser de la salade et des fleurs, mais un nouveau système arrivera bientôt en complément afin de mettre en place une expérimentation longue qui servira à élaborer une solution concernant l’alimentation des équipages durant les futures missions de longue durée dans l’espace.

Prenons le cas de la planète Mars qui est au cœur de plusieurs projets d’exploration et de colonisation. Un tel voyage durerait deux ans en prenant en compte l’aller-retour et quelques semaines passées sur place. L’humanité voudra ensuite sûrement aller encore plus loin à l’avenir et les voyages dureront à coup sûr plus longtemps.

Évidemment, dans le cadre de tels projets, la question de l’alimentation est précieuse et fait l’objet de recherches ardues. Il n’est d’ailleurs aucunement question de contraindre les équipages à ingérer des sachets de nourriture lyophilisée durant des mois ou des années. La solution est donc toute trouvée : cultiver des plantes et manger des fruits frais après les avoir cuisinés.

C’est néanmoins plus facile à dire qu’à faire puisque faire pousser des produits frais en microgravité est compliqué même si la valeur nutritive de cette nourriture potentielle est d’une grande importance. Des expérimentations sont en cours et la Station spatiale internationale fait office d’incubateur afin de comprendre s’il sera possible d’intégrer la solution du jardinage dans les futures missions spatiales longue durée.

Le dispositif Veggie équipe donc actuellement l’ISS, et ce, depuis 2015. Celui-ci a déjà permis de faire germer des salades et des fleurs ainsi que des choux tout récemment. Des dégustations ont été tentées par les astronautes qui n’ont rien trouvé à redire, ce qui est de bon augure pour la suite !

Justement, la prochaine étape du développement de l’agriculture spatiale est déjà prévue : l’Advanced Plant Habitat (APH). Il s’agit d’un module de germination et de croissance qui sera livré sur l’ISS lors du prochain lancement du cargo de ravitaillement Orbital ATK qui se déroulera le 19 mars 2017.

Contrairement au système Veggie qui nécessite une surveillance continue, l’APH n’aura pas besoin d’autant d’attention. En effet, seules l’installation du dispositif et quelques rares opérations de maintenance seront suffisantes ainsi qu’un léger entretien des plantes. L’APH est un genre de grosse boîte rectangulaire de 50 centimètres de côté composé essentiellement d’une chambre de croissance éclairée par un système de leds 3 couleurs. L’apport en eau est assuré par une boucle hydraulique fonctionnant en circuit fermé. Pas moins de 180 capteurs se chargeront de gérer les paramètres environnementaux, ce qui permettra une multitude d’expériences et un large choix de variétés.

« Nous sommes en train d’apprendre comment les plantes poussent dans l’espace et quels niveaux de produits, tels que la lumière et l’eau, sont nécessaires pour que nous puissions maximiser la croissance avec le moins de ressources possible », explique Bryan Onate, responsable du projet à la NASA.

La première de ces expériences, nommée PH.01, durera 135 jours. Il s’agit de faire germer des graines d’Arabidopsis, une plante courte à fleurs similaire à la moutarde très prisée des biologistes. Les contrôles du dispositif APH se feront à distance depuis le centre Kennedy afin de demander le moins d’efforts possible aux astronautes qui seront occupés à de nombreuses autres tâches.

Sources : Sciences & Avenir – Space Flight insider