Dans le monde fascinant des dinosaures, chaque nouvelle découverte offre un aperçu précieux sur l’évolution de ces créatures préhistoriques. Récemment, une équipe de paléontologues a fait une découverte exceptionnelle en Afrique du Nord : Thyreosaurus atlasicus, un stégosaure datant du Jurassique moyen, il y a environ 165 millions d’années. Cette découverte rare offre des informations cruciales sur la diversité des dinosaures thyréophores dans cette région et élargit notre compréhension de leur évolution.
Un aperçu de la diversité des Thyréophores
Les dinosaures thyréophores, caractérisés par leurs plaques osseuses et parfois par leurs épines défensives, constituent une famille diversifiée comprenant les célèbres stégosaures et ankylosaures, ainsi que des formes plus primitives. Ces herbivores ont prospéré principalement au Mésozoïque et leurs archives fossiles sont bien documentées en Laurasie, le supercontinent formé par l’union de l’Eurasie et de l’Amérique du Nord.
Cependant, l’Afrique a longtemps été un point aveugle dans notre compréhension de l’évolution des thyréophores en raison du manque de fossiles dans la région.
De récentes découvertes ont cependant remédié en partie à cette lacune. Des stégosaures ont en effet été documentés dans diverses régions d’Afrique, notamment au Maroc, en Tanzanie et en Afrique du Sud. Ces fouilles fournissent des preuves tangibles de la présence de stégosaures sur le continent africain dès le Jurassique inférieur-moyen, élargissant ainsi notre compréhension de la distribution géographique de ces dinosaures herbivores.
De même, des preuves de la présence d’ankylosaures ont émergé de fouilles au Maroc. Bien que moins nombreuses que les découvertes de stégosaures, ces trouvailles confirment également la présence des thyréophores en Afrique à des périodes précoces du Mésozoïque.
La découverte de Thyreosaurus atlasicus
La découverte de Thyreosaurus atlasicus vient renforcer les hypothèses précédentes et confirme la présence des stégosaures en Afrique du Nord au Jurassique moyen. Cette trouvaille majeure est le résultat d’une expédition de cartographie géologique dans la région du Moyen Atlas marocain, une zone qui est devenue un véritable puits de découvertes paléontologiques.
Le squelette partiel désarticulé de Thyreosaurus atlasicus a été méticuleusement exhumé des marnes grises de la Formation El Mers III, située près de Boulemane, dans le Moyen Atlas marocain. Il comprend une collection impressionnante de vertèbres, de côtes dorsales, d’os de membres, ainsi que des fragments d’armure dermique.
Cependant, ce qui distingue véritablement Thyreosaurus atlasicus, c’est son armure cutanée, une caractéristique unique parmi les stégosaures connus jusqu’à présent. Cette armure se compose en effet d’ostéodermes épais, dont la taille peut atteindre jusqu’à 4 cm, et présente des textures distinctes sur chaque côté. Une asymétrie frappante est également observée, avec l’un des côtés grossièrement orné de petites fosses et de faisceaux de fibres, tandis que l’autre arbore un motif hachuré bien marqué.
Cette configuration inédite élargit notre compréhension de la diversité morphologique des stégosaures et suscite de nouvelles questions sur leur évolution et leur écologie en Afrique du Nord au Jurassique moyen.

L’analyse de ce stégosaure suggère également une taille adulte estimée à plus de 6 mètres, ce qui en fait un stégosaure de taille moyenne à grande. Notez cependant que l’holotype découvert n’a pas encore atteint sa taille corporelle maximale.
Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Gondwana Research.
