Un nouveau satellite se brise en orbite après une collision

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Une illustration de millions de débris en orbite terrestre. Crédits : dottedhippo/istock

Un nouveau satellite soviétique vieux de trente ans s’est désintégré en orbite à environ 1 400 kilomètres au-dessus de la Terre, probablement à la suite d’un impact avec des débris spatiaux. Ce nouvel incident survient alors que la menace des débris spatiaux devient de plus en plus préoccupante.

La crainte d’un syndrome de Kessler

Les débris spatiaux comprennent une variété d’objets tels que des étages de fusées, des satellites désaffectés, des fragments de satellites détruits et autres équipements spatiaux abandonnés. Leur accumulation en orbite terrestre représente une menace pour plusieurs raisons.

Pour commencer, elle augmente le risque de collisions entre les débris eux-mêmes, ainsi qu’avec les satellites opérationnels et autres engins spatiaux, ce qui génère de nouveaux déchets. Les astronautes à bord de la Station spatiale internationale (ISS) et d’autres engins spatiaux sont également exposés au risque de collisions. En outre, la plupart de ces débris se trouvent dans des orbites relativement basses où les missions spatiales, y compris les constellations de satellites, sont particulièrement actives.

Certains craignent que la situation ne se rapproche lentement d’un scénario connu sous le nom de syndrome de Kessler. Nommé d’après Donald Kessler, physicien à la retraite de la NASA, il prédit un scénario catastrophique dans lequel les débris spatiaux en orbite terrestre basse pourraient créer une réaction en chaîne de collisions qui entraînerait une augmentation exponentielle du nombre de débris et rendrait certaines régions de l’espace inexploitables.

Pour éviter que le syndrome de Kessler ne devienne réalité, différentes agences spatiales et opérateurs de satellites travaillent depuis quelques années pour minimiser la création de nouveaux débris en concevant des systèmes favorisant la désintégration dans l’atmosphère des satellites en fin de vie. Plusieurs concepts de technologies de capture ont également vu le jour et sont en cours de test. Malgré tout, le danger reste toujours présent, comme en témoigne ce nouvel incident.

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Crédits : Agence Spatiale Européenne (ESA)

Plusieurs nouveaux débris

D’après l’astrophysicien et expert en débris spatiaux, Jonathan McDowell, le satellite impliqué serait d’origine soviétique. Il pourrait s’agir de Kosmos-2143 ou de Kosmos-2145, deux des huit satellites Strela-1M lancés en 1991 à bord d’une même fusée. L’objectif de ces machines était d’établir des liaisons de communication militaire et civile. L’impact de l’un de ces deux satellites avec un autre débris aurait généré sept débris supplémentaires selon le chercheur.

Rappelons qu’en février 2009, un cousin de Kosmos-2143 et Kosmos-2145, un satellite désigné sous le nom de Kosmos 2251 s’était également écrasé sur un satellite opérationnel de la société de télécommunications américaine Iridium à 789 kilomètres au-dessus de la Terre, créant un énorme nuage de débris. Cet incident, ainsi qu’un test de missile antisatellite chinois en 2007, sont responsables de la majorité des fragments spatiaux qui déferlent actuellement autour de la Terre.