Une équipe de paléontologues rapporte la découverte en Égypte d’une nouvelle espèce de dinosaure. Avec son long cou et sa peau parsemée de plaques osseuses, le Mansourasaurus pourrait permettre de faire le lien entre l’Afrique et l’Europe à la fin du Crétacé.

« Quand j’ai vu les photos des fossiles, les bras m’en sont tombés. C’était le Saint Graal ! », se souvient Matt Lamanna du Musée d’histoire naturelle de Carnegie (États-Unis), coauteur de l’étude publiée lundi dans le journal Nature Ecology and Evolution. Et pour cause, les fossiles de dinosaures de cette époque sont tellement rares. Qui plus est, celui-ci est imposant. Le Mansourasaurus était un sauropode, qui constituait un groupe de dinosaures comprenant quelques-uns des plus gros reptiles terrestres qui aient jamais existé. Ils étaient notamment présents sur une grande partie du globe au moment de l’extinction de masse enregistrée il y a 66 millions d’années. Cependant, les os découverts laissent penser qu’il était de taille moyenne et faisait à peu près le poids d’un éléphant mâle africain.

Le fossile, « le plus complet découvert en Afrique, datant de la fin du Crétacé », selon un communiqué de l’Université de l’Ohio, comprend des os du crâne, la mâchoire inférieure, des vertèbres, des côtes, une partie d’une épaule, d’une patte avant et d’une patte arrière et des morceaux des plaques osseuses qui consolidaient sa peau.

Une partie des os découverts, qui ont permis aux scientifiques de reconstituer le squelette du dinosaure.
Crédits : Nature Ecology and Evolution / doi:10.1038/s41559-017-0455-5.

« Le Mansourasaurus shahinae est une nouvelle espèce clé de dinosaure, et une découverte considérable pour la paléontologie égyptienne et africaine », explique Eric Gorscak, chercheur au Field Museum et auteur de l’étude. Sans ces preuves fossiles, l’évolution des dinosaures à une époque où se morcelait la Pangée – le supercontinent unique qui connectait toutes les terres – restait en effet mystérieuse. Ce nouveau fossile pourrait donc permettre de combler certains vides de l’Histoire.

Reconstruction squelettique du Mansourasaurus shahinae, évoluant au Crétacé supérieur dans ce qui est aujourd’hui l’Égypte. Les os ici en couleur sont ceux qui ont été conservés. Les autres os sont basés sur ceux des dinosaures étroitement apparentés. Crédits : Andrew McAfee / Musée d’histoire naturelle Carnegie.

L’analyse du Mansourasaurus aura permis aux chercheurs de découvrir qu’il était plus proche des dinosaures d’Europe et d’Asie que de ceux trouvés au sud de l’Afrique ou en Amérique du Sud. Ceci montre qu’au moins certains dinosaures pouvaient se déplacer entre l’Afrique et l’Europe vers la fin du règne de ces animaux. Ainsi, les derniers dinosaures d’Afrique n’étaient pas complètement isolés, contrairement à ce que l’on pouvait imaginer par le passé.

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