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Nous sommes confrontés à un “apartheid climatique”, selon l’ONU

Crédits : Pixabay

Un nouveau rapport de l’ONU met en garde contre le fossé entre les plus riches et les plus pauvres, qui pourrait se creuser davantage dans un contexte de réchauffement climatique.

Le réchauffement climatique fait depuis quelques années l’objet de nombreux rapports. Et pour cause, les conséquences pourraient être nombreuses. Plus récemment, on apprenait par exemple que la vie marine pourrait être réduite de 17% d’ici 2100. Que le réchauffement de la planète pourrait conduire au déplacement de 140 millions de réfugiés en 2050 également, ou encore que le niveau de la mer pourrait grimper de plusieurs mètres en quelques décennies. Ce nouveau rapport de l’ONU, lui, se concentre sur les inégalités sociales et économiques face au réchauffement global de la planète.

L’écart se creuse

En d’autres termes, s’il existe déjà un fossé économique entre les riches et les pauvres, le réchauffement de la planète devrait normalement le creuser davantage. «Même si les objectifs actuels sont atteints, des dizaines de millions de personnes seront appauvries, explique Philip Alston, co-auteur de ce rapport. Les changements climatiques menacent d’annuler les progrès accomplis ces 50 dernières années en matière de développement, de santé mondiale et de réduction de la pauvreté. Ils pourraient enfoncer 120 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté d’ici 2030 et auront les conséquences les plus graves dans les régions les plus pauvres».

Un “apartheid climatique”

Le rapport souligne également une certaine “hypocrisie” climatique. En effet, on apprend que les 3,5 milliards de personnes les plus pauvres de planète – qui subiront le plus – ne sont responsables que de 10% des émissions de gaz à effet de serre. Tandis que les 10% les plus riches contribuent à la moitié. «De manière perverse, alors que les personnes en situation de pauvreté ne sont responsables que d’une fraction des émissions mondiales, elles supporteront davantage les conséquences du changement climatique car elles n’auront pas les moyens de s’en protéger, poursuit le chercheur. Nous risquons un scénario “d’apartheid climatique” dans lequel les riches paient pour échapper à la surchauffe, à la faim et aux conflits, tandis que le reste du monde est condamné à souffrir».

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Le monde confronté à un “apartheid climatique”. Crédits : iStock

Et qui dit déplacement des populations dit forcément tensions. Le rapport souligne en effet que les migrations prévues de personnes fuyant la malnutrition ou le manque d’eau «poseront des défis immenses et sans précédent à la gouvernance des pays riches», et stimuleront probablement «des réponses nationalistes, xénophobes, racistes et autres». Dans un tel contexte, «les droits civils et politiques seront extrêmement vulnérables», note le chercheur.

Ce nouveau rapport de l’ONU fait également écho à une étude publiée en avril dernier, qui confirmait également que le réchauffement climatique renforçait les inégalités économiques. Si on observe depuis plusieurs années une réduction des écarts entre les pays riches et les pays pauvres, les chercheurs avaient en revanche noté que ce fossé aurait pu être comblé beaucoup plus rapidement sans la hausse globale des températures.

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