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Notre poursuite du bonheur restera toujours imparfaite et ce n’est pas grave !

Crédits : Akshay Gupta / PixaHive

Vouloir être heureux est évidemment en lien avec le bien-être et la santé. Néanmoins, cette quête ne peut jamais déboucher sur quelque chose de parfait, si bien que beaucoup de personnes peuvent à terme devenir malheureuses et dépressives.

La quête du bonheur

Dans son ouvrage The Enlightenment : The Pursuit of Happiness 1680-1790 (2020), l’historien britannique Ritchie Robertson expose sa thèse concernant les Lumières. Selon l’intéressé, cité dans un article de BBC Future le 6 janvier 2020, le siècle des Lumières ne doit pas être interprété comme étant l’augmentation de la valeur de la raison elle-même, mais plutôt comme la quête du bonheur par la raison. À l’époque déjà, la force intellectuelle déterminante de la modernité incarnait le bonheur. Or, nous sommes encore aujourd’hui dans la quête de l’aboutissement de ce « projet ». Il semble d’ailleurs que le bonheur a toujours été considéré comme étant le plus grand bien. En revanche, les valeurs humaines et les émotions ne sont pas figées dans le temps. Par exemple, certaines valeurs d’autrefois comme l’honneur et la piété se trouvent aujourd’hui reléguées au second plan pour une majorité de personnes.

Concernant nos choix de vie, nous les faisons généralement en les accompagnant d’un espoir dans le but d’atteindre le bonheur. Toutefois, cette quête du bonheur est une obsession pour beaucoup de personnes. Or, se poster en éternel insatisfait pourrait être source de malheur et de dépression. Rappelons qu’il existe très peu de recherches scientifiques permettant d’analyser notre recherche intense de bonheur. Citons néanmoins un sondage effectué aux États-Unis en 2016, dans lequel les participants devaient donner leur préférence entre accomplir de grandes choses ou être tout simplement heureux dans leur vie. Or, pas moins de 81 % des sondés ont choisi la seconde réponse.

Être une bonne personne pour être heureux

S’il existe très peu de contenu scientifique sur le sujet, ce n’est pas le cas en matière de philosophie. Beaucoup de gens diront que le bonheur passe par la maximisation des plaisirs, mais il existe d’autres possibilités. Le philosophe grec Épicure (341-270 av. J.-C.) disait en revanche que vivre de façon heureuse et atteindre la tranquillité de l’âme passait par la minimisation de ses peines. Faut-il pour autant faire l’expérience de la douleur afin d’avoir une vie heureuse ? Pas forcément.

buste Epicure
Buste d’Épicure en marbre de l’Altes Museum de Berlin Allemagne)
Crédits : Gary Todd/Wikipedia

Le philosophe britannique John Stuart Mill (1806-1873) a reçu un enseignement basé sur la minimisation des peines et la maximisation des plaisirs. Or, celui-ci n’a pas toujours été heureux, comme le démontrent ses écrits. En proie à la dépression, l’homme s’était finalement rendu compte que tout simplement, le malheur fait également partie de la condition humaine. John Stuart Mill pensait qu’il valait mieux accomplir de belles choses dans la vie plutôt que de courir après le bonheur. Autrement dit, une bonne vie n’est pas forcément heureuse, en tout cas pas de façon permanente. Cette façon de voir les choses rejoint l’idée établie par Aristote (384-322 av. J.-C.). Le philosophe grec soutenait l’existence d’un lien étroit entre le fait d’être une bonne personne et celui d’être heureux.

Ainsi, cultiver le bonheur reviendrait à accomplir des actes vertueux au quotidien. Néanmoins, Aristote reconnaissait que le bonheur est également soumis à certains aléas, tels que la chance et la survenue d’événements nous dépassant totalement comme la maladie, la pauvreté ou encore la guerre. Évidemment, accepter le fait qu’il est impossible de tout maîtriser ne rend pas heureux en soi. En revanche, ceci pourrait permettre d’éviter de courir éternellement derrière le bonheur parfait.