Selon une étude, nos narines ont chacune leur propre odorat

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Si du point de vue de l’apparence, nos deux narines se ressemblent beaucoup, leur fonctionnement comporte des différences significatives. Selon une étude récente, elles ne sentiraient même pas de la même façon.

Une étude qui incluait des patients épileptiques

L’odorat fait souvent l’objet de recherches visant à répondre à diverses questions. Ces dernières années, les chercheurs ont par exemple cherché à déterminer si les oiseaux bénéficient ou non d’un odorat ou encore à comprendre son fonctionnement chez des fourmis transgéniques. Lors de la pandémie, ils ont également étudié les raisons pour lesquelles la Covid-19 pouvait parfois causer une perte d’odorat. Une étude publiée dans la revue Current Biology le 3 novembre 2023 et pilotée par l’école de médecine de l’Université d’état de Pennsylvanie (États-Unis) s’est cette fois intéressée à un sujet assez curieux. Et si nos deux narines ne se ressemblaient pas autant que nous le pensions ?

Les neurologues ont pour le savoir recruté une dizaine de patients épileptiques avec des électrodes implantées dans leur cerveau. Trois parfums différents leur ont été soumis, soufflés tour à tour dans chacune de leurs narines. Ensuite, les volontaires ont été invités à identifier les odeurs tout en mentionnant quelle narine a permis cette identification. Finalement, les résultats obtenus ont été mis en lien avec les données provenant des électrodes.

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Crédits : inarik / iStock

Dans quelle zone se produit cette séparation ?

Selon les auteurs de l’étude, chaque narine agit indépendamment de l’autre, surtout lorsqu’elles sont soumises séparément à une même senteur. Or, si l’activité cérébrale résultant des tests était très proche, la similarité n’était pas parfaite. En effet, les chercheurs ont souligné la présence d’un court délai avant que les narines ne soient en phase dans l’identification des odeurs.

Les neurologues ont intégré à leurs recherches les résultats d’autres travaux antérieurs, concernant notamment les rats. Or, il s’avère que ces animaux peuvent sentir en stéréo. Les auteurs de ces travaux estiment que cette différence entre les narines chez les humains permet d’identifier plus rapidement et plus précisément une odeur. Cela revient en quelque sorte à dire que deux narines valent mieux qu’une. Malgré cette découverte plutôt intéressante, une question subsiste : dans quelle zone du cerveau se produit cette séparation des odeurs entre les narines ? Pour les chercheurs, le processus se fait au niveau du cortex piriforme, une zone responsable de la gestion et de l’interprétation du sens de l’odorat.

Malgré un échantillon assez réduit, ces recherches pourraient ouvrir la porte vers une meilleure compréhension de l’odorat humain. D’autres recherches intégrant davantage de volontaires permettront certainement d’acquérir plus de certitudes sur le sujet.