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Norvège : un immense projet de stockage de carbone

Crédits : Foto-Rabe/Pixabay

La Norvège va investir plus de 1,7 milliard d’euros dans un projet de captage, de transport et de stockage du carbone. Le projet nommé “Longship” s’attaquera aux émissions d’une cimenterie pour les stocker dans un substrat rocheux au fond de la mer du Nord. 

Extinctions, maladies, vagues de chaleur, sécheresses, inondations, hausse du niveau de la mer… les effets du changement climatique s’accélèrent et deviendront de plus en plus évidents au cours de ces prochaines décennies. Si nous voulons assurer un avenir durable aux prochaines générations, il est donc impératif de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, en particulier le CO2. Nous pouvons le faire en remplaçant les énergies fossiles par des énergies renouvelables, ou en optant pour une alimentation moins carbonée, entre autres moyens.

Toutefois, certaines industries ne sont pas vraiment propices aux réductions de GES, notamment celle du ciment. Or, à elles seules, les cimenteries représentent environ 8 % des émissions mondiales de GES. Si les cimenteries étaient un pays, elles seraient le troisième émetteur mondial derrière la Chine et les États-Unis.

Capter et séquestrer les émissions de CO2

Pour contrer ce type de pollution, le captage, le transport et le stockage des émissions (CSC) sont alors essentiels. Concrètement, l’objectif est d’empêcher le rejet de carbone dans l’atmosphère et de l’enfermer dans des formations géologiques. Néanmoins, ce type d’approche coûte encore très cher. En outre, vous avez également besoin de la “bonne géologie” pour séquestrer le carbone. C’est pourquoi ce type d’approche n’a pas été pleinement exploité jusqu’à présent. Et s’il nous fallait un exemple ?

La Norvège, qui vise la neutralité carbone dès 2030, propose d’être cet exemple. Le pays renferme en effet les bonnes conditions géologiques et se dit prêt à investir l’argent nécessaire dans un projet pionnier nommé “Longship”. En ce sens, le gouvernement norvégien travaille avec plusieurs dizaines d’entreprises, dont Equinor, Shell et Total.

Les premières opérations de captage auront lieu à la cimenterie Norcem de Brevik. Depuis cette ville, le CO2 sera ensuite acheminé par voie maritime vers Øygarden, dans le Hordaland. Le GES sera ensuite intégré dans des pipelines pour être stocké sous la mer du Nord, dans un substrat rocheux situé à environ 2 600 mètres sous le fond marin. D’après les chercheurs, il y aurait dans cette zone suffisamment de substrat rocheux pour stocker les émissions actuelles de la Norvège pendant mille ans.

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Crédits : OpenStreetMap

Ce projet paraît très ambitieux, mais la Norvège est bien consciente qu’elle ne pourra y arriver seule. Selon le Global CCS Institute, en 2020, les opérations de captage, de transport et de stockage des émissions de CO2 proposaient en effet une capacité d’environ 40 millions de tonnes par an, avec 50 millions de tonnes supplémentaires par an en développement. À titre de comparaison, le monde émet environ 38 milliards de tonnes de CO2 chaque année. C’est pourquoi le gouvernement norvégien encourage une coopération internationale pour favoriser le développement et la commercialisation de nouvelles technologies.