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Le nombre de paires de trous noirs dans l’Univers aurait été largement sous-estimé

Crédits : the Simulating eXtreme Spacetimes (SXS) project

Une étude récente suggère que les noyaux actifs de galaxies seraient en fait plus nombreux que prévu. Grâce à une nouvelle technique de repérage, des chercheurs sont parvenus à en dénicher cinq en l’espace de quelques mois, augmentant leur nombre connu de 50 %, de quoi permettre une meilleure compréhension de la croissance de ces trous noirs supermassifs.

Pour cette étude, les chercheurs sont partis à la chasse aux noyaux actifs de galaxies (AGN), des noyaux de galaxies particulièrement lumineux. Il s’agirait en fait d’un seul et même objet, à savoir un trou noir central supermassif de plusieurs millions à plusieurs milliards de masses solaires accrétant de la matière. Cet ogre cosmique serait le résultat de la fusion de deux trous noirs supermassifs pris dans une spirale de mort après la collision de leurs galaxies respectives. Mais ce monstre nouvellement formé n’est pas simplement une combinaison de ces deux ancêtres (moins une partie de l’énergie emportée dans la collision). Le fait de se regrouper soulève également une énorme quantité de gaz et de poussière qui alimente les trous noirs supermassifs centraux embarqués dans un « tango de la mort », conduisant à une entité finale beaucoup plus lourde.

Combien sont-ils dans l’Univers ? C’est difficile à dire, mais pour tenter de s’en faire une petite idée, une équipe d’astronomes dirigée par Sara Ellison, de l’Université de Victoria au Canada, est partie à la recherche de ces duos de la mort. Seuls neuf de ces noyaux actifs de galaxies avaient jusqu’alors été détectés, tous par hasard. En réexaminant les données de la WISE All Sky Survey et de la Sloan Digital Sky Survey, les chercheurs se sont mis à traquer les collisions récentes qui braillaient dans la partie infrarouge du spectre, indiquant qu’il y avait beaucoup de poussière. Ils ont alors déniché cinq nouveaux noyaux actifs, augmentant le nombre de ces noyaux connus de plus de 50 %.

Notons que l’étude n’a pas encore été évaluée par des pairs, de sorte qu’une confirmation supplémentaire des résultats sera nécessaire avant que la technique ne soit validée. Si tel est le cas, celle-ci ouvrirait la voie à une meilleure compréhension de la croissance de ces trous noirs supermassifs. Ces AGN pourraient également nous en apprendre davantage sur les ondes gravitationnelles, un autre effet postérieur de ces collisions entre deux trous noirs qui pourrait être d’actualité pour nous quand le choc nous atteindra dans quelques dizaines de millions d’années.

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