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Des Néandertaliens ont-ils fréquenté les terres de Diana ?

Crédits : Andrew Walker

Selon de nouvelles fouilles menées à Althorp House, les premiers habitants du domaine de la défunte princesse Diana étaient peut-être des Néandertaliens. Les archéologues, qui cherchaient au départ les restes d’un ancien village médiéval, sont finalement tombés sur des coquillages décorés il y a plus de 40 000 ans.

Althorp est un domaine d’environ 60 km² et une demeure historique située dans le Northamptonshire, dans les Midlands de l’Est, dans le centre de l’Angleterre. Althorp est la demeure historique de la famille Spencer, propriétaire du terrain depuis 1508 (le domaine actuel, un peu plus récent, a été construit en 1688). Ces terres sont actuellement la propriété de Charles Spencer, 9e comte Spencer et frère de Diana Spencer.

Le frère de Diana a récemment demandé à ce que des fouilles soient entreprises sur son terrain afin de retrouver les restes d’un village appelé Ollethorp. Abandonné pendant la peste noire du 14e siècle, ce dernier se trouvait en effet, sur la propriété Spencer, près de la demeure principale.

Des restes préhistoriques

Au cours de leurs fouilles, Roger Michel et son équipe de l’Institut d’archéologie numérique ont alors déterré un tas de détritus contenant des coquillages visiblement décorés, du silex et quelques morceaux de bois ébréchés et sculptés. Après analyse, il en est ressorti que ces coquilles avaient été travaillées il y a environ 40 000.

Les chercheurs, qui s’attendaient donc à trouver des restes de l’époque médiévale, sont finalement tombés sur un véritable trésor préhistorique.

« Nous ne pensons pas que les coquillages auraient été les restes d’un repas préhistorique, car Althorp était encore plus éloigné de la mer qu’aujourd’hui« , souligne au Telegraph Roger Michel. « Ils sont également incisés. Ils auraient pu être utilisés pour la décoration ou comme éperons de nacre pour les bijoux« .

La datation nous situe à une époque où les Néandertaliens (Homo neanderthalensis) évoluaient probablement encore dans ce qui est aujourd’hui la Grande-Bretagne.

Notez que les humains modernes (Homo sapiens) semblent être arrivés dans la région à la même époque, alors que les populations néandertaliennes continuaient de diminuer. Aussi, il est tout à fait possible que ces restes de coquillage aient été travaillés par des membres de notre propre espèce, et non pas nos anciens cousins.

néandertaliens diana
Crédits : Nikola Solic

Neandertal capable d’une pensée symbolique

Cela étant, l’idée que des Néandertaliens aient pu décorer ces coquillages n’a rien de surprenant. Longtemps dépeints comme des « êtres sanguinaires », nous savons aujourd’hui que nos cousins étaient plus sensibles qu’on ne le pensait. Ils avaient d’ailleurs la fibre artistique. Il ya trois ans, une étude nous révélait notamment que les peintures retrouvées dans trois grottes en Espagne à La Pasiega (nord-est du pays), Maltravieso (ouest) et Ardales (sud) ont été faites il y a plus de 64 000 ans, soit 20 000 ans avant l’arrivée des humains modernes en Europe. Ainsi, Neandertal doit en être l’auteur.

En 2019, des archéologues étaient également tombés sur le doigt d’un aigle finement sculpté par un Néandertalien il y a 39 000 ans pour en faire un pendentif. Publiée dans la revue Science Advances, cette découverte relançait alors une fois de plus le débat sur la cognition de ce cousin souvent décrié qui maîtrisait finalement la pensée symbolique.

En attendant, l’équipe d’archéologie du domaine Spencer prévoit de continuer les fouilles pour tenter de déterrer d’autres artéfacts susceptibles de nous en apprendre davantage sur les auteurs de ces décorations.