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Ne craignez pas les mâchoires, mais la queue de ces étranges requins

requin renard queue
Les requins renards, qui sont rares et ont tendance à rester en haute mer, étourdissent leurs proies en les fouettant avec leur queue. Crédits : Beara Creative

Des scientifiques se sont penchés sur le mystère du « yoga extrême » pratiqué par les requins-renards, une technique qu’ils utilisent pour étourdir leurs proies avec leur queue avant de les dévorer. La biologiste Marianne Porter de la Florida Atlantic University, fascinée par cette pratique, a entrepris une étude sur la colonne vertébrale de ces requins afin de comprendre comment elle supporte ces mouvements inhabituels.

Des proies étourdies en un claquement de queue

Le requin-renard (famille Sphyrnidae) est une espèce fascinante qui a captivé l’attention des scientifiques en raison de son comportement de chasse distinctif.

En effet, contrairement à de nombreux autres requins qui utilisent leurs dents comme principale arme de chasse, celui-ci adopte une approche très particulière. Lors de l’attaque, il s’approche d’un banc de poissons, abaisse sa tête, fléchit son corps et utilise sa longue queue en forme de fouet au-dessus de sa tête. Ce mouvement crée alors un claquement de queue qui étourdit les poissons proches, facilitant ainsi leur capture.

Les scientifiques, intrigués par cette technique de chasse inhabituelle, ont entrepris des recherches approfondies pour comprendre la morphologie interne de cette espèce. Dans le cadre de ces travaux dirigés par Marianne Porter, de la Florida Atlantic University, les chercheurs ont collaboré avec des organisations telles que la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) pour étudier les spécimens récupérés lors d’échouages, ces requins étant rares et vulnérables.

Une colonne parfaitement adaptée

Pour cette étude, les chercheurs ont examiné les vertèbres de dix requins-renards, allant de l’embryon à l’adulte, et ont utilisé des scanners pour créer des modèles 3D. Ils ont alors isolé un agencement anatomique distinct au sein de la colonne vertébrale qui se manifeste sous la forme de plaques minéralisées disposées de manière unique. Ces dernières jouent un rôle crucial en procurant à la colonne vertébrale à la fois stabilité et flexibilité.

Une métaphore visuelle pertinente serait d’imaginer ces plaques agencées comme les rayons d’une roue. Elles fournissent ainsi un soutien structurel tout en permettant des mouvements fluides.

Par ailleurs, l’étude a révélé des différences de longueur au sein des vertèbres le long du corps du requin-renard. Cette variation de longueur est une adaptation qui vise à augmenter la flexibilité et la souplesse, notamment dans la région de la queue.

Vous pourriez conceptualiser cette adaptation comme une série de modules de longueurs variables le long de la colonne vertébrale. Les vertèbres plus longues situées dans le tronc fournissent une stabilité, tandis que les vertèbres plus courtes vers la queue offrent une flexibilité accrue. Cette disposition favorise des mouvements agiles qui sont essentiels à la technique de chasse distinctive du requin-renard.

Cette recherche innovante offre un aperçu des mécanismes qui sous-tendent ce comportement unique. Elle contribue également à la compréhension plus générale du fonctionnement du corps des requins.