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La NASA démolit une plateforme de lancement historique

La navette spatiale Atlantis avant son lancement le 14 mai 2010. Crédits : NASA

L’une des trois grandes plateformes ayant soutenu certains lancements des missions Apollo et de navettes spatiales américaines est en cours de démolition. Les raisons : la NASA n’a aucun repreneur, et elle manque de places de parking.

Entre 1963 et 1965, Ingalls Iron Works a construit trois plateformes mobiles visant à transporter et soutenir le lancement des fusées Saturn V et Saturn IB de la NASA. À la fin du programme Apollo, ces lanceurs ont été nettoyés de leur tour de manière à pouvoir s’occuper des lancements des navettes spatiales américaines.

Dans le cadre de son programme Artemis, qui vise à ramener des astronautes sur la Lune, ces anciennes plateformes de lancement mobiles ont été jugées incapables de supporter la masse combinée de la nouvelle fusée Space Launch System (SLS) et de sa tour de lancement dédiée. C’est pourquoi un nouveau lanceur mobile, ML-1, a été achevé en 2018. La construction d’une autre plateforme a également commencé en juillet 2020.

Cela nous amène à la plateforme de lancement mobile-2 (MLP-2), celle qui permit à l’équipage d’Apollo 14 de quitter la Terre, direction la Lune. Quinze ans plus tard, le 28 janvier 1986, elle vit également partir la navette spatiale Challenger qui se désintégra 73 secondes après son décollage, entraînant avec elle les sept membres d’équipage.

Au total, MLP-2 aura permis les lancements de 51 missions entre 1968 et 2011. Compte tenu de son histoire, nous pourrions alors imaginer que cette plateforme soit retirée dans un musée ou qu’elle puisse continuer à servir d’autres objectifs. Malheureusement, personne n’a réellement présenté d’intérêt particulier pour la structure. Aussi, la NASA a décidé de la démolir. Cela arrange d’ailleurs l’agence américaine qui manque en effet de places de parking.

nasa plateforme
La fameuse plateforme MLP-2. Crédits : Kim Shiflett / NASA

Recyclage

A priori, les deux autres anciennes plateformes ne devraient pas subir le même sort. La première, le MLP-1, est actuellement chargée de blocs de béton pour simuler la masse de la fusée SLS et de sa tour ombilicale de lancement. Une fois qu’il sera assez lourd, le MLP-1 sera récupéré par l’un des deux transporteurs sur chenilles de la NASA et conduit vers la rampe de lancement du SLS. Ce “conditionnement” garantira que “les chenilles” seront prêtes à supporter le poids de la fusée. Cette plateforme sera ensuite stockée dans un hangar (High Bay 1) et sera de nouveau utilisée pour le conditionnement des chenilles.

MLP-3 est quant à elle celle qui a soutenu les lancements des premiers humains ayant marché sur la Lune (Apollo 11) et la dernière mission de la navette spatiale (STS-135). Après avoir été brièvement louée et modifiée par l’entreprise Northrop Grumman pour supporter les lancements de la fusée OmegA, elle sera elle aussi bientôt mise dans un hangar (High Bay 2) en attendant d’être potentiellement réutilisée pour d’autres fins.