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Trop longtemps négligée, Vénus va de nouveau recevoir de la visite

Crédits : JAXA

La NASA vient d’annoncer le développement de non pas une, mais deux nouvelles missions en partance pour Vénus au cours de la décennie. La dernière fois que l’agence américaine s’est frottée à la planète la plus proche de la Terre, c’était en 1989 avec le lancement de Magellan.

Pour la première fois depuis plus de trois décennies, la NASA retournera enfin sur Vénus. Et une deuxième fois aussi. Bill Nelson, le nouvel administrateur de l’agence, vient en effet de sélectionner les deux missions vénusiennes finalistes du programme Discovery. Développé au début des années 90, ce programme propose régulièrement le développement de missions “peu coûteuses” visant à une exploration très ciblée de notre système. Parmi les plus connues figurent notamment les missions MESSENGER, Dawn ou encore Kepler.

Les deux missions sont les suivantes : DAVINCI+ et VERITAS. Toutes deux seront développées et lancées à la fin de la décennie pour moins de 500 millions de dollars. Leur objectif sera de «comprendre comment Vénus, autrefois accueillante, s’est transformée en un monde infernal capable de faire fondre le plomb en surface», a déclaré l’administrateur de la NASA.

Deux missions, différentes mais complémentaires

La mission DAVINCI+, lancée en 2028, sera la première sonde de la NASA à échantillonner l’atmosphère vénusienne depuis 1978. L’objectif sera d’étudier comment elle s’est formée et a évolué. Ces données pourront nous dire si la planète abritait jadis un océan.

Cette sonde transportera également une “sphère de descente” qui plongera à travers cette atmosphère épaisse pour mesurer les présences de gaz rares et d’autres éléments. Ce petit robot renverra également les premières images haute résolution des caractéristiques géologiques uniques de Vénus connues sous le nom de “tesselles”, qui pourraient être comparables aux continents terrestres.

VERITAS, de son côté, se chargera de cartographier la surface de Vénus pour déterminer son histoire géologique. Ces données permettront de confirmer si des processus tels que la tectonique des plaques et le volcanisme sont toujours actifs sur la planète. La mission sera lancée en 2030.

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Illustration d’un volcan sur Vénus. Crédits : ESA/ AOES

«Nous avons tous faim de données»

Parmi les deux autres missions finalistes de ce programme figuraient Io Volcano Observer (IVO) qui, comme son nom l’indique, visait à explorer Io, la lune volcanique de Jupiter. La mission TRIDENT visait de son côté à cartographier la surface de Triton – la plus grande lune de Neptune – grâce à un unique survol.

La décision de se focaliser sur Vénus a été saluée par les spécialistes de cette planète qui, au cours de ces dernières décennies, se sont sentis délaissés par une agence visiblement plus intéressée par Mars.

«La communauté de Vénus est absolument ravie et excitée et veut simplement se mettre au travail et voir cela se produire», a déclaré Ellen Stofan, sous-secrétaire à la science et à la recherche du Smithsonian. «Nous avons tous tellement faim de données, de faire avancer la science. Beaucoup d’entre nous ont travaillé dans ce domaine depuis Magellan. Nous avons ces questions scientifiques vraiment fondamentales depuis si longtemps».