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Comme un avertissement ? La NASA n’avait jamais terminé un test de ravitaillement de sa fusée SLS

Crédits : NASA/Joel Kowsky

La NASA n’a pas été en mesure de lancer son énorme fusée Space Launch System (SLS) ce lundi dans le cadre de la mission Artemis 1. Le véhicule a rencontré plusieurs problèmes techniques pendant le compte à rebours. L’un d’eux, lié au moteur RS-25 numéro 3, a finalement amené les ingénieurs à tout stopper avant le décollage. Planait alors un étrange sentiment de « déjà vu ».

Encore un peu de patience

La NASA était sur le point de lancer la première mission de son programme Artemis, lorsque les contrôleurs ont constaté un nouveau couac. L’un des quatre moteurs principaux permettant de soulever l’étage central de la fusée ne s’est en effet pas refroidi suffisamment pour gérer son propulseur cryogénique, malgré les efforts de dépannage.

« Les contrôleurs de lancement conditionnent les moteurs en augmentant la pression sur les réservoirs de l’étage central pour purger une partie du propulseur cryogénique vers les moteurs afin de les amener à la plage de température appropriée pour les démarrer« , ont déclaré des responsables de la NASA. Concrètement, le moteur 3 n’a pas correctement répondu aux exigences.

Ce problème de conditionnement du moteur n°3 est apparu alors que la NASA travaillait déjà sur une série d’autres problèmes pendant le compte à rebours, dont une fuite d’hydrogène liquide au début du processus de ravitaillement et une éventuelle fissure dans une partie du propulseur de base.

Avant même d’alimenter la fusée, la NASA avait dû faire face à d’autres défis. Les tempêtes au large et la foudre ont en effet retardé le ravitaillement en carburant de la SLS de près d’une heure, obligeant les contrôleurs de lancement à rattraper le temps perdu. Malgré leur travail acharné, cette première tentative a donc échoué, mais la NASA n’aurait-elle pas pu le voir venir ?

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Une vue matinale de la fusée SLS sur la rampe de lancement le 29 août 2022. Crédits : NASA/Joel Kowsky

Une préparation chaotique

À partir d’avril de cette année, l’agence a en effet effectué quatre tests distincts de répétition en tenue humide au cours desquels l’agence visait à alimenter complètement la fusée SLS et à simuler compte à rebours jusqu’à T-10 secondes. Cependant, chacun de ces tests s’est finalement terminé prématurément.

Selon Derrol Nail, le porte-parole de la NASA, le conditionnement du moteur n°3 n’avait par exemple pas pu être vérifié lors de la quatrième répétition tenue en juin. Au cours de ce test, la NASA avait en effet dû tromper son ordinateur de vol. Les contrôleurs avaient remarqué une fuite d’hydrogène à cause d’un problème de joint. Ils avaient alors choisi de masquer cette fuite sur l’ordinateur pour continuer le compte à rebours malgré tout. En conséquence, ils n’avaient pas pu terminer la partie refroidissement du moteur du test. Si cela avait été le cas, ils auraient probablement découvert le problème technique ayant provoqué l’annulation de lundi.

Avec le recul, la NASA aurait probablement dû effectuer une cinquième répétition générale, complète cette fois, avant de lancer sa fusée pour la première fois.

Jim Free, le chef du développement des systèmes d’exploration humaine de la NASA, a malgré tout défendu la décision de tenter un lancement malgré les problèmes rencontrés lors des précédents tests. « Nous avons eu l’impression, et nous avons toujours l’impression, que partir pour aujourd’hui était la bonne chose à faire« , a-t-il déclaré.

Pour l’heure, les ingénieurs travaillent toujours sur la résolution du problème. Si tout se passe bien, la NASA pourrait profiter d’une seconde fenêtre de lancement ouvert ce vendredi 2 septembre pour viser la Lune. Une troisième fenêtre sera également disponible le 5 septembre prochain. En cas d’échec, la fusée ne pourra pas être lancée avant la mi-octobre.