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La NASA précise le coût de son retour sur la Lune en 2024

Image conceptuelle d'un astronaute Artemis marchant sur la surface lunaire. Crédits : NASA

Le retour des astronautes américains sur la Lune, prévu en 2024, coûtera pas moins de 28 milliards de dollars à la NASA, dont 16 milliards pour l’alunisseur.

Les responsables de la NASA Jim Bridenstine, Kathy Lueders, James Reuter et Thomas Zurbuchen ont apporté quelques précisions au programme Artemis, dans le cadre d’une conférence de presse tenue ce lundi. Premier point important : l’agence assure qu’elle table toujours sur 2024 pour débarquer la première femme et le premier homme sur la Lune depuis les missions Apollo.

Mais pour tenir l’échéance, il va falloir mettre la main au portefeuille. Ce retour sur le sol lunaire devrait en effet coûter pas moins de 28 milliards de dollars sur les cinq prochaines années, dont 16 milliards pour l’alunisseur. Reste à savoir si le Congrès, qui sera renouvelé aux élections générales du 3 novembre, acceptera de financer ces montants.

Si le Congrès vote les premiers 3,2 milliards pour l’alunisseur d’ici Noël, «nous serons toujours dans les clous pour un alunissage en 2024», a confirmé Jim Bridenstine.

Mise à jour du programme

Sur le plan technique, la NASA précise également que son nouveau lanceur lourd – le Space Launch System (SLS) – est en progrès. Son premier étage et ses quatre moteurs attachés subiront prochainement une dernière série d’analyses qui aboutiront à un test à chaud cet automne. La capsule Orion, censée transporter les astronautes vers la Lune, est de son côté déjà terminée. Les deux vaisseaux sont donc «plus proches que jamais de leur premier lancement intégré», assure la NASA.

Après son test de tir à chaud réussi, la scène principale du SLS rejoindra le centre spatial Kennedy, en Floride. La capsule Orion sera ensuite coiffée dessus. Deux vols d’essais sont prévus avant l’échéance 2024. La première mission – connue sous le nom d’Artemis I – est en bonne voie pour être lancée en 2021. Elle sera non habitée.

La mission Artemis II, qui prévoit cette fois l’envoi d’un équipage autour de la Lune, sera normalement lancée en 2023. Là encore, la NASA apporte quelques précisions. Peu de temps après que la capsule Orion se soit séparée de l’étage de propulsion cryogénique provisoire du SLS, les astronautes piloteront manuellement le vaisseau à l’approche et au recul de la scène (surface lunaire).

Cette mission permettra d’évaluer les qualités de manipulation d’Orion, ainsi que les logiciels associés, dans le but de préparer Artemis III. À notez également qu’entre-temps, la NASA lancera plusieurs missions robotiques vers la Lune dès 2021 (deux par an), dans le but de livrer l’instrumentation nécessaire aux astronautes dès leur arrivée en 2024.

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L’équipage d’une mission Artemis à la surface de la Lune près du pôle sud (vue d’artiste). Crédits : NASA

Un premier séjour d’une semaine

Concernant Artemis III, il est toujours question de se poser au pôle sud (même si la NASA a déjà évoqué un plan B). Au cours de ce nouveau séjour lunaire, qui devrait normalement durer une semaine, les astronautes effectueront plusieurs sorties extravéhiculaires pour collecter des échantillons et mener des expériences scientifiques.

Pour rappel, l’agence américaine développe actuellement un projet nommé Lunar Orbital Platform-Gateway. Comme son nom l’indique, l’idée sera de placer une station en orbite lunaire. Le but principal de cette passerelle sera de servir de plaque tournante entre la Terre et notre satellite. Les astronautes pourront également y séjourner entre deux missions sur la surface lunaire. À terme, la station pourrait aussi servir de “point relais” dans le cadre des futures missions martiennes.

Dans le cadre d’Artemis III, on ne sait pas encore si les astronautes emprunteront cette passerelle. Il se peut en effet qu’elle soit toujours en construction à l’horizon 2024. Si tel est le cas, l’équipage embarquera alors dans l’alunisseur directement depuis la capsule Orion. En revanche, il est prévu que l’équipage d’Artemis IV, composé de quatre astronautes, accoste cette passerelle. Deux d’entre eux resteront alors à bord de l’avant-poste, tandis que les deux autres rejoindront la surface lunaire.