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Et si la NASA envoyait une « libellule » sur Titan ?

Crédits : APL/Michael Carroll

Cassini s’en ira bientôt pour toujours après plus de treize années de bons et loyaux services. Pour la replacer, la NASA songe à un drone qui aurait pour but de mener des études aériennes et terrestres. Une chose est sûre, la NASA n’en a pas fini avec Titan.

À la fin des années 1970 et au début des années 80, les chercheurs obtenaient un premier regard détaillé sur la plus grande lune de Saturne : Titan. La sonde Pioneer 11, suivie par les missions Voyager 1 et 2, avait ensuite révélé un satellite froid doté d’une atmosphère dense et riche en azote. Grâce à la sonde Cassini dépêchée en juillet 2004, les spécialistes de la NASA ont ensuite pu déceler une très forte présence de méthane formant des lacs et des rivières, mais les mystères de cette lune sont encore très profonds, d’où l’intérêt de poursuivre les recherches. Il pourrait en effet y avoir de la vie sur Titan, mais une vie totalement différente de la nôtre basée sur une chimie très complexe.

Les missions envoyées sur Mars avaient eu recours aux rovers Curiosity et Opportunity, capables d’évoluer sur le sol, mais au rayon d’action relativement limité. Curiosity n’a en effet parcouru que 17 km depuis 2012 et Opportunity a 44 km à son actif depuis 2004. Dans le cadre de la nouvelle mission « Nouvelles Frontières vers Saturne », la NASA propose d’utiliser une sorte de drone quadricoptère baptisé dragonfly (libellule). Dans l’atmosphère de Titan, cette solution permettrait d’étendre considérablement la capacité d’exploration.

L’atmosphère de Titan est quatre fois plus dense que celle de la Terre et la gravité y est sept fois plus faible. L’endroit présente donc des conditions très favorables pour faire voler un drone. L’objectif serait ici de faire la lumière sur son environnement mystérieux qui présente non seulement un cycle méthane similaire au cycle de l’eau ici sur Terre, mais également une chimie prébiotique et organique. En bref, Titan est un « monde océanique » dans notre Système solaire à l’instar de Ganymède et Europa, les lunes de Jupiter, ou encore d’Encelade une autre lune de Saturne qui pourrait contenir tous les ingrédients nécessaires à la vie.

De plus, des études antérieures ont montré que Titan est recouverte de riches dépôts de matières organiques qui subissent des processus chimiques semblables à ceux qui ont eu lieu sur la Terre il y a des milliards d’années. De ce fait, les scientifiques voient Titan comme une sorte de laboratoire planétaire où les réactions chimiques qui ont mené à la vie sur Terre pourraient être étudiées. « Titan est une destination idéale pour étudier la chimie prébiotique et documenter l’habitabilité d’un environnement extraterrestre. Parce que son atmosphère obscurcit la surface sur de nombreuses longueurs d’onde, nous n’avons que des informations limitées sur les matériaux qui composent la surface et la façon dont ils sont traités. En effectuant des mesures détaillées de la composition de la surface, un drone pourrait identifier les éléments chimiques disponibles et les processus en cours », explique Elizabeth Turtle, chef du projet Dragonfly.

Plus tard cet automne la NASA devrait sélectionner d’autres propositions pour une étude plus approfondie. Le Dragonfly semble néanmoins bien parti grâce à sa mobilité aérienne non négligeable. Finalement, il n’en restera qu’une : celle qui aura la lourde tâche de succéder à Cassini. La sélection finale de la mission est attendue au cours de l’année 2019.

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