Avec la mission Psyché, la NASA enverra une sonde vers un curieux astéroïde métallique, peut-être le vestige d’un noyau de planète rocheuse disparue. De quoi mieux comprendre les origines du Système.

L’astéroïde 16 Psyché qui se trouve dans la ceinture d’astéroïdes entre Mars et Jupiter ne ressemble à rien d’autre dans notre système solaire, mais la grosse pierre pourrait nous en apprendre davantage sur les premières protoplanètes qui se sont formées autour du Soleil il y a 4,5 milliards d’années. La mission proposée en 2015 par une équipe de chercheurs de l’Arizona State University dirigée par le planétologue Lindy Elkins-Tanton vient d’obtenir le feu vert de la NASA. La sonde pourrait être envoyée à l’horizon 2023. Bien sûr, la route est longue et Psyché n’arrivera à destination qu’en 2030. De là, la sonde passera 20 mois en orbite autour de l’astéroïde pour étudier sa composition chimique, sa force de gravité et la puissance de son champ magnétique.

Avec un diamètre de 213 kilomètres environ et situé sur la bordure extérieure de la ceinture, l’astéroïde est visiblement constitué majoritairement de métaux, ce dernier réfléchissant particulièrement bien les ondes radar et sa densité semble élevée. Si l’on se fie aux météorites métalliques trouvées sur Terre, 16— Psyche pourrait être le reste du noyau d’un petit corps céleste différentié composé d’un alliage de fer et de nickel similaire au noyau terrestre. Les scientifiques pensent également que 16 Psyché aurait pu autrefois être une petite planète de la taille de Mars. Le manteau rocheux qui l’entourait aurait ensuite été arraché lors d’une collision violente avec une autre planète. L’astéroïde, qui pourrait être apparu qu’une dizaine de millions d’années après la naissance du Soleil, pourrait aussi détenir des indices clés sur la façon dont les planètes se sont formées pour ensuite évoluer il y a 4,5 milliards d’années.

Psyché donnera ainsi l’occasion aux chercheurs d’explorer un nouveau type de monde — constitué non pas de roche ou de glace, mais de métal. Il devrait aussi permettre d’affiner nos idées sur l’exploitation des ressources métalliques dans les astéroïdes, mais également d’en apprendre davantage sur notre propre noyau terrestre. Notons que Psyché n’est pas la seule mission de la NASA qui vient d’être approuvée dans le cadre de son nouveau programme Discovery. Par exemple, la mission Lucy prévue pour 2021 partira en direction des petits corps célestes piégés aux points de Lagrange L4 et L5 de Jupiter et devrait elle aussi nous éclairer sur l’origine des planètes.

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