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C’est fait : la NASA s’est posée avec succès sur l’astéroïde Bennu !

Illustration de la sonde Osiris-Rex survolant la surface de l'astéroïde Bennu. Crédits : NASA / Goddard / Université de l'Arizona

La sonde OSIRIS-REx s’est posée avec succès sur l’astéroïde Bennu pour tenter de récolter un peu de matière. Il faudra néanmoins patienter quelques jours avant de pouvoir confirmer la capture des échantillons. Si tel est le cas, ces matériaux extraterrestres pourront nous éclairer sur l’histoire du Système solaire.

Touchdown !

La NASA l’a fait ! Quatre ans après son lancement depuis Cap Canaveral, en Floride, la sonde américaine OSIRIS-REX a effectué sa première tentative d’échantillonnage de l’astéroïde Bennu (500 mètres de diamètre) cette nuit à 00h13 (heure française), à plus de 330 millions de kilomètres de la Terre.

Le vaisseau est descendu en spirale avant “d’embrasser” la surface de l’astéroïde pendant environ dix secondes, déployant son mécanisme de prélèvement d’échantillons fixé à l’extrémité d’un bras robotique de 3,4 mètres de long. La sonde, de la taille d’une petite fourgonnette, visait un petit cratère surnommé Nightingale, une région relativement plate de seulement huit mètres de large.

Les responsables de mission ont surveillé la manœuvre depuis le centre d’opérations de Lockheed Martin Space à Littleton, (Colorado). «Transcendantal ! Je ne peux pas croire que nous ayons réussi», a déclaré Dante Lauretta, responsable de la mission, lors de la diffusion en direct de l’opération par la NASA. «Le vaisseau spatial a fait tout ce qu’il était censé faire».

À plus de 300 millions kilomètres de distance, il fallait en effet plus de dix-huit minutes aux signaux pour voyager de la Terre jusqu’au vaisseau. Contrôler la manœuvre en temps réel était donc impossible pour les opérateurs de mission. Aussi la sonde a dû se “débrouiller toute seule”.

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Les responsables de mission exultent depuis le centre d’opérations de Lockheed Martin Space à Littleton, (Colorado). Crédits : capture d’écran Nasa

Une dizaine de jours avant d’être fixés

Pendant ce bref atterrissage, le vaisseau a fait exploser un peu d’azote gazeux à la surface de Bennu dans le but de soulever un peu de roche et de poussière, qui ont ensuite été collectés par la tête d’échantillonnage du bras.

Il faudra en revanche patienter une dizaine de jours avant de pouvoir déterminer si la sonde a ramassé suffisamment de matière. Le but était d’obtenir au moins soixante grammes. Si le “sac” est un peu peu léger, la NASA a fait savoir que deux autres tentatives pourraient encore être programmées si besoin.

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Le site d’échantillonnage d’OSIRIS-REx : un petit cratère de seulement huit mètres de large. Crédits : NASA / Goddard / Université de l’Arizona

Retour sur Terre en 2023

Si tout se passe comme prévu, OSIRIS-REx devrait normalement quitter Bennu en mars 2021 avant de revenir sur Terre le 24 septembre 2023 pour déposer son “colis” dans le désert de l’Utah, aux États-Unis.

Le matériel sera ensuite analysé par des scientifiques du monde entier. Formée il y a environ 4,5 milliards d’années, Bennu est une relique quasi inchangée de notre Système solaire. L’étudier avec une instrumentation de pointe pourra ainsi nous donner un aperçu de la formation de notre système. Ces échantillons pourraient également contenir les précurseurs moléculaires susceptibles d’avoir conduit à l’évolution de la vie sur Terre.

Notez qu’OSIRIS-REx n’est pas la première sonde à avoir effectué une telle manœuvre. La sonde japonaise Hayabusa2 s’est en effet posée sur l’astéroïde Ryugu à deux reprises en 2019 (en février et en juillet). Les échantillons récoltés devraient atterrir en Australie le 6 décembre prochain.