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Des « nanodrones » pour cibler et venir à bout des cellules cancéreuses

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Crédits : iStock

Des chercheurs sud-coréens ont semble-t-il franchi une étape importante vers le traitement du cancer. Leurs nanodrones peuvent en effet cibler et tuer les cellules tumorales, tout en activant des cellules du système immunitaire. Selon les scientifiques, cette percée majeure pourrait contribuer à la lutte contre le cancer, un fléau qui touche des millions de personnes.

Des expériences concluantes

Une étude à paraître en février 2024 dans le volume 54 de la revue Nanotoday est synonyme d’espoir pour tous les malades du cancer. À l’origine de ces travaux, l’équipe de l’Institut National des sciences et Technologies d’Ulsan (UNIST) en Corée du Sud explique avoir exploité les capacités des cellules naturelles du corps à se défendre. Plus précisément, les scientifiques ont développé des nanodrones dont l’un des objectifs est d’activer les cellules tueuses naturelles, ou lymphocytes NK (en anglais : « Natural Killer« ).

Les cellules NK sont des lymphocytes du système immunitaire inné qui peuvent tuer des cellules tumorales et des cellules infectées. Elles se trouvent donc en première ligne grâce à leur capacité à cibler de manière précise les cellules cancéreuses. Les auteurs de l’étude ont eu recours à des nanoparticules de cage de protéines AaLS, dans le but de développer des nanodrones capables de les activer.

Des expériences in vitro ont déjà été menées, ce qui a permis d’observer l’association des nanodrones à différents types de cellules cancéreuses, tout en activant les cellules NK pour les exterminer. D’autres tests effectués sur des souris ont montré un ralentissement inédit de la croissance des tumeurs. De plus, les chercheurs n’ont observé aucun effet secondaire sur les cobayes.

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Crédits : Sebyung Kang et coll., UNIST, 2023.

Une double approche prometteuse

Les nanodrones en question intègrent des ligands, c’est-à-dire des molécules qui présentent une affinité traduite par une constante d’association avec un récepteur biologique. Il s’agit à la fois de ligands qui recrutent des cellules NK (aCD16Nb) et d’autres qui ciblent directement le cancer (HER2Afb et EGFRAfb). Pour le Pr Sebyung Kang, qui a dirigé l’étude, cette double approche a tout d’une révolution. Dans un avenir proche, il sera en effet peut-être possible de mettre au point de nouvelles méthodes thérapeutiques sur mesure afin de lutter contre toutes les formes de cancer.

Rappelons enfin que selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le cancer est la deuxième cause de décès dans le monde entier, avec un bilan de 9,6 millions de morts en 2018, soit un décès sur six. Toute avancée dans ce domaine est donc logiquement la bienvenue.