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Naine blanche : une découverte inattendue

Crédits : WikiImages / Pixabayy

L’astrophysicienne de l’Université de Canterbury, le Docteur Simone Scaringi, annonce avoir fait une découverte inattendue et passionnante liée à la croissance des naines blanches dans l’espace. Elle détaille ses travaux dans la revue Nature.

Une naine blanche est le reste d’une étoile moyenne, de type Soleil, après épuisement de son combustible nucléaire. Notre étoile en subira les conséquences dans 5 milliards d’années environ. Les naines blanches sont des objets denses, à peu près de la même taille que la Terre, mais avec autant de masse que le Soleil. Dans le cas de systèmes binaires, comme il en pullule dans l’Univers, elles s’accroissent ou grandissent, en « suçant » la masse des couches extérieures de leurs étoiles compagnes. C’est notamment le cas pour MV Lyrae, l’objet précisément étudié, qui comprend une naine blanche embarquée dans une relation binaire avec une naine rouge.

La plupart des naines blanches ont longtemps été considérées comme « non magnétiques ». Elles se développent en « rafales » distinctes, c’est-à-dire en happant la matière de leur voisine plusieurs fois, chaque repas ne se déroulant que sur une très courte période de temps. Elles « grignotent » donc de temps en temps, mais ne passent pas des heures à table. En examinant plusieurs années de données de l’observatoire spatial Kepler, Simone Scaringi et son équipe ont néanmoins découvert que l’une de ces naines blanches non magnétiques présentait une sorte d’hyperphagie boulimique, qui ne peut s’expliquer que par la présence d’un champ magnétique jusqu’ici insoupçonné.

« C’est comme une porte mal ajustée dans une gare », explique le professeur Paul Groot de l’Université Radboud. « Imaginez que les gens soient les particules de gaz entourant la naine blanche. Si elle est assez calme, la porte ne s’ouvrira que si suffisamment de personnes attendent. La porte s’ouvrira un instant, pour se refermer ensuite immédiatement une fois tout le monde entré. Si en revanche la pression est trop forte, alors la porte se brisera et tout le monde pourra passer. Une fois que le débit commencera à baisser, se retrouvant en dessous d’une valeur critique, la porte pourra alors se refermer ». C’est un peu ce qui se passe dans ce système. La présence d’un champ magnétique amène la matière à s’agglutiner, entraînant, lorsque la pression se fait trop forte, de fortes périodes d’accrétion.

« Nous avons vu des épisodes de fortes accrétions interrompues par des périodes sans signe d’accrétion, ce qui s’explique mieux par la présence d’un puissant champ magnétique comparable à celui de 1000 aimants », explique le Dr Scaringi. « Ce “champ magnétique” emprisonne l’accrétion, amenant la matière à s’accumuler jusqu’à ce qu’elle ait une attraction gravitationnelle plus forte que les forces magnétiques qui la retiennent, indiquant pour la première fois que même les naines blanches dites “non magnétiques” peuvent avoir un fort pouvoir magnétique ».

Des sursauts similaires ont été observés chez les étoiles neutrons – qui sont beaucoup plus petites et ont des champs magnétiques beaucoup plus élevés que notre naine blanche – mais aussi dans les jeunes objets stellaires, qui sont beaucoup plus gros et possèdent des champs magnétiques beaucoup plus faibles. Jusqu’à aujourd’hui, environ 85 % des naines blanches étaient censées manquer de champs magnétiques, mais ces nouvelles observations pourraient mener les chercheurs à réévaluer ces proportions.

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