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Mygale Goliath : faites connaissance avec la plus grosse araignée du monde

Crédits : Piotr Naskrecki

La mygale Goliath (Theraphosa blondi), retrouvée en Amérique du Sud, est la plus grande araignée du monde selon le Guinness World Records. Si vous deviez l’avoir à dîner, elle remplirait toute l’assiette.

Décrite par le naturaliste français Pierre André Latreille en 1804, Theraphosa blondi, mieux connue sous le nom de mygale de Mygale Goliath ou Mygale mangeuse d’oiseaux, est une espèce d’araignées mygalomorphes de la famille des Theraphosida. Elle se distingue évidemment par sa taille. Ensemble, le céphalothorax et l’opisthosome (le corps sans les pattes) peuvent mesurer jusqu’à douze centimètres. Ajoutez ensuite les pattes, et vous obtenez une envergure totale d’environ 28 à 30 cm pour un poids d’environ 170 grammes sur la balance.

À ce titre, elle est la plus grande et l’une des plus grosses espèces d’araignées connues. Certains prétendent que l’araignée chasseuse Heteropoda maxima, une espèce aranéomorphe de la famille des Sparassidae, pourrait être encore plus imposante. Cependant, pour l’instant, le Guinness World Records reconnaît bien T. bondi comme étant la plus grande. Elle est aussi bien plus massive. «C’est comme comparer une girafe à un éléphant», soulignait il y a quelques années Piotr Naskrecki, entomologiste et photographe au Museum of Comparative Zoology de l’Université Harvard.

Un goût de crevette

Theraphosa blondi se place en haut de la chaîne alimentaire, mais TOUT en haut. En effet, de nombreux habitants du nord-est de l’Amérique du Sud chassent et consomment régulièrement cette araignée. Ils brûlent d’abord les poils urticants tapissant son abdomen. Ces derniers, très irritants, peuvent d’ailleurs être mortels pour les petits mammifères. L’araignée est ensuite enveloppée dans des feuilles de bananier pour être rôtie.

D’après l’expert en tarentules Rick West, qui fut un jour invité à en manger une au Venezuela, les muscles de cette araignée auraient le “goût de crevettes fumées”, tandis que son contenu abdominal aurait un goût “granuleux et amer”. Une fois le repas terminé, les crocs (environ deux centimètres) sont ensuite utilisés comme cure-dents.

En cas d’agression par d’autres prédateurs, cette araignée s’appuie sur des poils urticants, situés à l’arrière de son abdomen, qui peuvent être projetés. En frottant les petits poils ensemble (stridulation), elle produit également un bruit de sifflement qui peut être entendu à une distance de quatre à cinq mètres. Le son peut parfois dissuader les assaillants.

Mygale Goliath araignée
Theraphosa blondi, aussi connue sous le nom de mygale Goliath. Crédits : Ltshears

Technique de chasse et reproduction

Ceci étant dit, la mygale Goliath s’attaque ensuite à plusieurs proies. Considérée à tort comme une mangeuse d’oiseaux (ces derniers figurent très rarement au menu), cette araignée préfère dévorer les insectes et les vers. Si l’occasion se présente, elle n’hésitera pas à se frotter à des animaux plus gros tels que des grenouilles, des lézards, voire même des opossums. Pour chasser, la mygale Goliath ne tisse pas de toile, mais patiente à l’affut dans des terriers creusés dans le sol. Elle n’est active que la nuit.

Cela ne veut pas dire que T. blondi ne produit et n’utilise pas de soie. La mygale en tisse parfois dans ses terriers pour améliorer la stabilité de la structure. Les femelles enferment également leurs œufs (de 50 à 200) dans un sac en soie de la taille d’une balle de tennis recouvert de poils urticants pour éloigner les prédateurs. Elles portent ensuite leur sac partout où elles vont pour s’assurer que leur progéniture soit protégée. Les jeunes éclosent six à huit semaines après la ponte, mais il leur faudra encore deux à trois ans (et environ cinq à six mues) avant d’atteindre la maturité sexuelle.

Côté espérance de vie, les femelles peuvent vivre de quinze à vingt ans, tandis que les mâles ne dépassent généralement pas l’âge de trois ans, mourant souvent peu de temps après l’accouplement.