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Mortels pour l’Homme, les rayonnements cosmiques pourraient permettre à des organismes extraterrestres de vivre

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Alors que les effets nocifs des rayons cosmiques sur la physiologie humaine pourraient être l’un des plus grands obstacles à notre exploration du système solaire, pour d’autres organismes en revanche, le rayonnement pourrait effectivement s’avérer utile.

La vie sur Terre repose en grande partie sur l’énergie du soleil. Le processus complexe de photosynthèse fournit en effet les éléments nutritifs que la plupart des organismes vivants utilisent, directement ou indirectement, pour survivre. Mais si la lumière vient à manquer, la vie se doit de puiser dans d’autres sources d’énergie. C’est notamment le cas pour la bactérie Desulforudis audaxviator.

Une équipe de chercheurs américains, qui a récemment publié les résultats de son étude dans la revue Journal of the Royal Society Interface, s’est en effet inspiré de Desulforudis audaxviator, qui tire son énergie par chimiosynthèse de la radioactivité des noyaux instables contenus dans certains minéraux. La bactérie, découverte en Afrique du Sud en 2008, et qui vit actuellement quelque 2,8 kilomètres au-dessous de la surface de la Terre (et qui est donc coupée de toutes sources de lumière), n’hésite pas à user de cette radioactivité pour désintégrer des molécules d’eau. En résulte de l’hydrogène moléculaire, qui permet à D. audaxviator de réduire le soufre en sulfure d’hydrogène H2S afin de produire l’énergie qui lui est nécessaire.

Sur Terre, nous sommes en grande partie, grâce à la magnétosphère, à l’abri de ces particules hautement énergétiques qui composent les rayons cosmiques, mais sur des planètes dépourvues de magnétosphère – comme Mars – ce rayonnement serait suffisant pour soutenir des formes de vie microbiennes. C’est en tout cas l’hypothèse suggérée par les chercheurs. Ces formes de vie minuscules pourraient également subsister sur les “planémos”, ces corps célestes dont la masse équivaut à celle d’une planète, mais qui ne dépendent pas d’étoiles, ou de naines brunes, flottant dans l’espace comme un objet indépendant. Exposés à des rayons cosmiques très puissants, ces lieux pourraient donc abriter la vie microbienne.

Pour vérifier leur hypothèse, les chercheurs ont alors conduit des simulations à partir des modèles décrivant la propagation des flux de rayons cosmiques dans la Voie lactée. Il en résulte que des corps célestes, comme Mars ou les lunes de Jupiter et de Saturne, dont les surfaces sont intensément bombardées par les rayons cosmiques, pourraient accueillir des organismes analogues à D. audaxviator.

Bien sûr, il serait impossible à des formes de vie complexes de se développer. Comme le souligne Chris McKay, astrobiologiste à la NASA, “l’énergie fournie serait bien trop faible. Du fait d’un rayonnement cosmique intense, l’organisme aurait à dépenser beaucoup trop d’énergie pour tenter de réparer les dommages causés par le rayonnement”.

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