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Mont Everest : Les sherpas renoncent à toute ascension cette année

La face Nord de l'Everest vue en direction du camp de base tibétain. Crédits : Luca Galuzzi / Wikipedia

Coup dur pour les alpinistes qui s’apprêtaient à grimper le plus haut sommet du monde. Après une avalanche meurtrière le 18 avril, les sherpas ont décidé d’un commun accord de renoncer à toute ascension cette année, en hommage à leurs collègues disparus et pour obtenir de meilleures conditions de travail.

Alors que la haute saison touristique s’apprêtait à débuter dans l’Himalaya, une avalanche meurtrière a entraîné la mort de treize guides népalais et la disparition de trois autres au moment où ils préparaient l’accès au sommet. La coulée s’était déclenchée vendredi à 6 h 45 (heure locale) à une altitude de 5800 mètres dans une zone est baptisée « Popcorn Field ». Il s’agirait de l’accident le plus meurtrier dans l’Histoire du mont Everest, rappelant que la haute montagne est une zone de danger permanent.

Mardi, les sherpas endeuillés par la disparition des leurs ont décidé d’un commun accord de renoncer à toute ascension cette année. Leur décision est motivée par le désir de rendre hommage à leurs collègues et d’exiger que le gouvernement indemnise davantage les accidents. « La décision des sherpas est unanime. Certains guides sont déjà partis et d’autres seront encore là pendant environ une semaine, le temps de tout emballer et de partir », a expliqué Tulsi Gurung, frère d’une des victimes. Les sherpas demandent également à ce que les familles des victimes soient indemnisées à hauteur 10 000 dollars ainsi qu’une prise en charge des soins des blessés. Une manifestation devrait être organisée le mois prochain à Katmandou.

Au camp de base où sont rassemblés les alpinistes qui préparaient l’ascension, la tension est palpable, certains tentant de convaincre les sherpas de reprendre leur travail. « Les esprits s’échauffent chez les guides sherpas qui donnent libre cours à leurs émotions. Les choses deviennent très compliquées ici, la tension, déjà élevée, monte encore », a ainsi déclaré à l’AFP M. Rippel, qui organise des expéditions avec son agence Peak Freaks.

Ces évènements mettent en lumière les risques pris par les sherpas qui transportent le matériel et accompagnent les alpinistes lors de l’ascension. Plusieurs centaines d’entre eux ont d’ailleurs péri sur les pentes du mont Everest depuis sa première ascension en 1953.

Source : AFP