in

Missions Artemis : le plus dur est encore à venir

Orion Artemis 1
Le retour d'Orion au large de la Californie le 11 décembre dernier. Crédits : NASA

Après le retour de la capsule Orion dans l’océan Pacifique dans le cadre de la mission Artemis 1, tous les regards se tournent désormais vers la suite du programme, avec Artemis 2 et 3 en ligne de mire.

La capsule, qui filait à près de 40 000 km/h, a rebondi sur la couche d’air supérieure de l’atmosphère avant de plonger une seconde fois. C’était la première fois qu’une capsule conçue pour les astronautes effectuait ce type de manoeuvre, permettant une rentrée plus douce et plus précise. Comme prévu, les équipes ont enregistré deux coupures de communications. La chaleur de la rencontre de la capsule avec l’atmosphère a en effet créé des gaz chargés électriquement qui ont bloqué les signaux radio.

Suspendue sous ses parachutes, la capsule Orion s’est ensuite posée en douceur dans le Pacifique ce dimanche 11 décembre à 17h40 (heure de Paris), clôturant la mission lunaire Artemis I de la NASA. La fin de ce vol d’essai sans équipage, maintes fois retardé, aura coïncidé avec le 50e anniversaire de l’atterrissage d’Apollo 17 sur la Lune, dernier volet du programme Apollo.

Bilan général de la mission : la nouvelle fusée SLS et le nouveau vaisseau spatial Orion, qui ramèneront les astronautes sur la Lune, ont fonctionné aussi bien que la NASA aurait pu l’espérer. Pendant ces 26 jours, des pépins sont naturellement apparus comme prévu, mais les équipes n’ont essuyé aucun dysfonctionnement majeur nécessitant une longue enquête, ou pire, une refonte.

Orion Artemis Lune
Récupération de la capsule Orion ce dimanche 11 décembre. Crédit : NASA
Orion Artemis Lune
Crédit : NASA

Le facteur SpaceX

L’agence spatiale semble désormais en bonne voie pour lancer la prochaine mission, Artemis II, en 2024 ou 2025. Ce vol enverra quatre astronautes autour de la Lune. Vanessa Wyche, directrice du Johnson Space Center, a déclaré que la NASA prévoyait de nommer les membres de l’équipage au début de l’année prochaine.

Côté technique, la fabrication du matériel est déjà bien avancée. La capsule Orion pour Artemis II est en effet déjà à moitié construite au Kennedy Space Center. De son côté, le module de service du vaisseau, construit par Airbus dans le cadre des contributions de l’Agence spatiale européenne, a été livré l’an dernier.

Avec la conclusion d’Artemis I, l’attention se portera davantage sur SpaceX. La NASA doit en effet utiliser une version de Starship, le vaisseau spatial de nouvelle génération de la société, pour faire atterrir ses prochains astronautes sur le sol lunaire dans le cadre des missions Artemis III et IV. Avant ces échéances, SpaceX va devoir mettre les bouchées doubles pour effectuer les différents tests exigés par la NASA.

Pour Artemis III, il est en effet prévu que l’atterrisseur Starship s’amarre au vaisseau spatial Orion au-dessus de la Lune. Deux astronautes se déplaceront à l’intérieur pour se poser au niveau du Pôle sud, passant près d’une semaine en surface. Avant cela, le vaisseau devra être ravitaillé par plusieurs vaisseaux cargo en orbite terrestre. Ce n’est qu’une fois ses réservoirs pleins que l’atterrisseur sera enfin prêt à se diriger vers la Lune.

Avant Artemis III, SpaceX doit essentiellement effectuer un test sans équipage pour montrer qu’il peut en effet effectuer une succession rapide de lancements de vaisseaux spatiaux, transférer de manière fiable des propulseurs en orbite et atterrir en toute sécurité sur la Lune.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.