Bientôt une mission pour collecter des échantillons sur Vénus ?

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Crédits : wasan prunglampoo/istock

Vénus est réputée pour avoir l’environnement le plus hostile du système solaire, avec des températures moyennes de 450 °C , une pression atmosphérique 92 fois supérieure à celle de la Terre et des nuages engendrant des pluies d’acide sulfurique. Ces conditions extrêmes ont rendu difficile l’exploration de cette planète par les agences spatiales. Malgré tout, des chercheurs envisagent la possibilité d’y envoyer une nouvelle mission dans le but de recueillir des échantillons. Voici comme ils comptent s’y prendre.

Financer des projets novateurs

Le Programme NASA Innovative Advanced Concepts (NIAC) est une initiative de la NASA visant à encourager des concepts de missions spatiales révolutionnaires et avant-gardistes. Il vise à stimuler des idées novatrices qui pourraient potentiellement transformer notre compréhension de l’espace, ouvrir de nouvelles voies pour l’exploration spatiale et influencer le développement futur de la technologie spatiale.

Le processus de sélection des concepts est rigoureux. Les chercheurs et les ingénieurs soumettent des propositions qui sont ensuite examinées par des panels d’experts. Les concepts sélectionnés reçoivent dans un second temps un financement pour une phase initiale de développement et d’évaluation.

NIAC a déjà contribué à l’émergence de nombreuses idées révolutionnaires dont certaines ont abouti à des développements significatifs dans le domaine spatial. Plus récemment, l’ingénieur aérospatial et auteur Geoffrey Landis, du Glenn Research Center de la NASA, a proposé une nouvelle idée de mission visant à collecter des échantillons de Vénus au moyen d’un avion à énergie solaire.

Opérer dans l’atmosphère, mais aussi en surface

L’idée serait d’utiliser un tel appareil pour explorer la haute atmosphère de Vénus, située à environ 60 km au-dessus de la surface. À cette altitude, l’intensité solaire est comparable ou supérieure à celle sur Terre, et la rotation lente de Vénus garantit une exposition continue à la lumière solaire, éliminant ainsi le besoin d’énergie stockée pour le vol de nuit.

Pour opérer, l’avion utiliserait également une technologie de fusée au monoxyde de carbone et générerait son propre propulseur à partir des ressources atmosphériques de Vénus. Ceci est rendu possible grâce aux progrès de la science des matériaux, notamment le développement d’électronique capable de fonctionner à des températures élevées.

Une fois déployé, l’avion pourrait collecter des échantillons atmosphériques, ce qui offrirait ainsi une opportunité d’étudier la question de la présence éventuelle de vie dans ces nuages. L’appareil serait également associé à un élément de surface qui tirerait parti des systèmes conçus pour fonctionner dans l’environnement hostile de Vénus. Il pourrait aussi collecter des échantillons à examiner sur place.

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Représentation graphique du retour d’un échantillon de la surface de Vénus. Crédits : Geoffrey Landis

Cette proposition ne vise pas seulement Vénus. L’idée de voler et d’utiliser des ressources in situ pourrait être la prochaine grande étape dans l’exploration planétaire, offrant des perspectives nouvelles pour l’exploration de nombreux corps du système solaire.

Pour l’heure, c’est tout ce que nous savons. Une fois le financement de la phase I obtenu, les chercheurs se concentreront sur l’architecture conceptuelle de la mission. Il s’agira d’un concept d’opérations étape par étape dans lequel toutes les composantes de la mission seront combinées pour créer un budget de masse, produire des chiffres concrets et démontrer que cela est réalisable.