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Mission ExoMars : quand le rover européen pourra-t-il être lancé ?

Illustration du rover Rosalin Franklin. Crédits : ESA

Développée par l’Agence spatiale européenne et la Russie, la mission ExoMars 2022 devait être lancée en septembre. Le conflit en Ukraine en a finalement décidé autrement. L’Europe doit donc désormais remplacer plusieurs composants clés. Une rallonge budgétaire sera aussi nécessaire.

Il y a encore quelque temps, l’Agence Spatiale européenne (ESA) et l’agence russe Roscosmos travaillaient sur une mission conjointe visant à rechercher des traces de vie passée sur Mars dans la région d’Oxia Planum. L’Europe se chargeait de la construction d’un rover baptisé Rosalind Franklin, dont l’objectif était de collecter des échantillons. La Russie se concentrait quant à elle sur la construction d’une plateforme scientifique chargée de sonder l’environnement local et d’analyser ces échantillons. La Russie devait également fournir la fusée pour lancer cette mission.

Au départ, cette mission devait être lancée en 2020. Une combinaison de problèmes techniques et de retards liés à la pandémie a malheureusement obligé les chercheurs à reporter la mission à 2022. La guerre en Ukraine a finalement brisé cette alliance. Et depuis, la mission était en stand-by.

L’Europe doit se passer des Russes

Lors de la réunion du groupe d’analyse du programme d’exploration de Mars il y a quelques jours, Jorge Vago, l’un des scientifiques du projet, a déclaré que l’agence européenne examinait actuellement plusieurs options. L’une d’elles implique de remplacer la plateforme russe par une autre structure de construction européenne cette fois. Plusieurs composants, tels que les moteurs de descente ou les unités de chauffage radioactives, nécessiteront en revanche le concours de la NASA.

Notez que l’agence américaine était le partenaire initial de l’ESA dans ce programme. Cependant, les Américains s’étaient retirés en 2012 suite aux coupes budgétaires de l’administration Obama. Dès lors, la mission avait été sauvée par la Russie, intervenue pour remplacer la NASA. Finalement, après s’être retirée, l’agence américaine pourrait bien être celle qui sauvera l’ESA en remplaçant la Russie.

Une nouvelle fusée et plusieurs autres technologies initialement fournies par l’agence spatiale Roscosmos devront également être remplacées.

Un tel projet nécessiterait par ailleurs évidemment un important coup de pouce financier. « Nous présenterons aux États membres une voie à suivre recommandée en juillet prochain« , a déclaré Jorge Vago lors de la réunion. « Cette recommandation contiendra une prévision financière du coût de l’envoi du rover sur Mars« .

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Illustration du rover ExoMars débarquée sur la planète rouge depuis sa plateforme. Crédits : ESA

Un lancement en 2028, au moins

Compte tenu de tous ces changements à venir, il paraît impossible que la mission soit lancée en 2024 ou même en 2026 (les fenêtres de lancement sont ouvertes tous les 26 mois). Il faudra donc probablement attendre 2028.

Ce retard signifierait qu’ExoMars atteindra probablement Mars en même temps que la mission de retour d’échantillons sur laquelle l’ESA et la NASA sont sur le point de coopérer. L’envoi du rover Rosalind Franklin est cependant toujours souhaité dans la mesure où il est conçu pour faire certaines choses que son cousin Perseverance ne peut pas faire. Il sera notamment capable de forer jusqu’à deux mètres de profondeur dans le sol martien.