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Que fera exactement la mission Dragonfly sur Titan ?

Crédits : APL/Michael Carroll

Titan est l’un des endroits les plus intrigants du Système solaire. La NASA prévoit d’y envoyer une mission baptisée Dragonfly dans les années 2030. Il s’agira de la première mission à explorer la surface de cette lune. Les objectifs principaux de ce projet inédit ont été partagés il y a quelques jours.

Notre planète mise de côté, Titan, la plus grande lune de Saturne, est le seul corps du Système solaire soutenant des liquides stables en surface. La principale différence est qu’ils ne sont pas remplis d’eau, mais de méthane et d’éthane. En tant que tel, Titan pourrait abriter d’étranges formes de vie extraterrestres s’appuyant sur des processus biologiques différents de ceux proposés sur Terre. La lune est également enrobée d’une épaisse atmosphère hébergeant probablement une chimie complexe impliquant des molécules organiques.

Pour toutes ces raisons, à l’instar d’Europe, Encelade ou Mars, Titan est une cible de choix pour de nombreux chercheurs. En 2019, la NASA a donc sélectionné une mission baptisée « Dragonfly » qui prévoit l’envoi d’un drone en surface pour explorer ce monde étrange. Imaginez ici une version plus grande de l’hélicoptère Ingenuity qui explore actuellement la planète Mars aux côtés du rover Perseverance.

« Titan représente l’utopie d’un explorateur« , déclare Alex Hayes, l’un des principaux acteurs de ce projet. « Les questions scientifiques que nous nous posons sur Titan sont très vastes, car nous ne savons pas encore grand-chose de ce qui se passe réellement en surface. Pour chaque question à laquelle nous avons répondu lors de l’exploration de Titan par la mission Cassini, nous en avons gagné dix nouvelles« .

À la recherche de la vie sur Titan

Il y a quelques jours, l’équipe de Dragonfly a précisé les différents objectifs de la mission dans le Planetary Science Journal.

Grâce à la mission Cassini, qui a exploré le système de Saturne pendant treize ans, les chercheurs ont déjà détecté des composés organiques et autres molécules qui ressemblant à ceux qui auraient existé sur la Terre primitive. Le drone examinera donc si les conditions sont réellement propices à l’installation de la vie, en étudiant le cycle global du méthane, la manière dont l’atmosphère interagit avec les matériaux de surface et dont l’eau peut se mélanger aux matières organiques.

L’un des objectifs de cette mission sera également de rechercher des biosignatures chimiques qui pourraient indiquer une vie passée ou présente. Si tel est le cas, il faudra alors déterminer si cette vie pourrait être similaire à celle de la Terre s’appuyant sur l’eau ou si elle utilise des hydrocarbures liquides disponibles dans les lacs, mers et rivières de Titan.

titan mission Dragonfly
Impression d’artiste de la mission Dragonfly sur la surface de Titan. Crédits : NASA / Johns Hopkins APL

Des « bonds » de quinze kilomètres

Pour tenter d’obtenir toutes les réponses à ces questions, l’équipe a sélectionné un site d’atterrissage au milieu des dunes proches de l’équateur où ce giravion pourra échantillonner des sédiments organiques et de la glace d’eau.

Dragonfly restera à chaque endroit pendant une journée complète (soit environ seize jours terrestres) avant de s’envoler vers d’autres zones. L’atmosphère de Titan étant quatre fois plus dense que celle de la Terre et la gravité y étant sept fois plus faible, chaque « saut » de ce giravion pourrait lui permettre de parcourir une quinzaine de kilomètres. Petit à petit, la mission se dirigera vers le cratère Selk, un cratère d’environ 80 km de diamètre susceptible de contenir des traces d’eau mélangées à des matières organiques.

Côté calendrier, la mission Dragonfly devait initialement être lancée en 2026 avec un atterrissage sur Titan prévu en 2034. Néanmoins, la pandémie de Covid-19 a finalement obligé la NASA à revoir ses plans. Son lancement est désormais prévu en 2027. En revanche, on ne sait pas encore si la date de l’atterrissage devra elle aussi être décalée.

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.