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La NASA s’apprête à foncer sur un astéroïde

Crédits : NASA/JHUAPL/Steve Gribben

Lorsque le vaisseau DART percutera son astéroïde cible le 26 septembre prochain, un petit satellite italien se placera à bonne distance pour immortaliser la scène. Ce week-end, LICIACube, c’est son nom, s’est séparé avec succès de son vaisseau-mère pour se préparer à sa mission de photographe.

Deux missions américaines passionnent les amoureux de l’espace en ce mois de septembre. D’une part, nous avons la très attendue mission Artemis 1, dont le lancement pourrait avoir lieu le 23 septembre prochain. Trois jours plus tard, la NASA fera également les gros titres en percutant un astéroïde de plein fouet avec sa mission DART. L’agence américaine espère ainsi modifier sa trajectoire.

Notez qu’il ne s’agit que d’une mission de démonstration visant à tester la technique de l’impact cinétique. En cas de véritable menace pour la Terre, une mission similaire et de plus grande envergure pourrait être déployée.

Un mini satellite pour immortaliser la scène

La mission se focalisera sur une paire d’objets évoluant en tandem composée d’un astéroïde de 780 mètres de diamètre appelé Didymos, autour duquel orbite un plus petit astéroïde (160 mètres de diamètre). Le vaisseau DART a pour objectif de s’écraser sur cette petite lune. Pour immortaliser la scène, les responsables de mission ont intégré un petit satellite nommé LICIACube. Développé par l’agence spatiale italienne, l’appareil a été déployé avec succès ce dimanche 11 septembre.

Au cours des quinze prochains jours, LICIACube va donc poursuivre son chemin seul dans le but de se placer à bonne distance de l’impact, à environ mille kilomètres de la scène. Plus près, le satellite pourrait être touché par les débris générés par l’impact ; plus loin, il ne pourrait pas prendre de bonnes images.

« L’événement sera [vu] comme une augmentation de la luminosité de la cible en comparant les images de Dimorphos prises avant et après l’impact« , précise Elena Mazzotta Epifani, astronome à l’Institut national italien d’astrophysique (INAF).

LICIACube effectuera ensuite un survol rapide de la scène environ trois minutes après l’impact, se plaçant à une distance minimale d’environ cinquante-cinq kilomètres de la surface de l’objet touché. Le petite satellite enverra ensuite les images sur Terre, mais Elena Mazzotta Epifani prévient qu’il faudra probablement patienter plusieurs semaines avant d’obtenir toutes les données.

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Le vaisseau DART aperçoit désormais sa cible. Autour de l’astéroïde Didymos évolue le petit astéroïde. L’objectif sera de le percuter à plus de 24 000 km/h pour tenter de modifier sa trajectoire. Crédits : NASA

Encore beaucoup d’inconnues

Au cours des semaines suivantes, les astronomes observeront également de près le système depuis le sol pour déterminer si l’orbite de la petite lune a été modifiée comme prévu. D’après l’équipe, le choc devrait pouvoir accélérer son orbite de quelques dizaines de secondes. Pour le savoir il suffira de mesurer les intervalles entre les périodes de brève atténuation qui se produisent lorsque les deux astéroïdes s’éclipsent.

Les astronomes ignorent également quelle quantité de matière sera projetée par l’impact dans l’espace, ni la taille du cratère que DART pourrait creuser. Et pour cause, l’équipe de mission en sait très peu sur la composition de ce petit astéroïde.

« Nous connaissons les propriétés générales de surface du plus grand astéroïde – Didymos – grâce à des mesures spectroscopiques et photométriques au sol. Cependant, nous ne savons presque rien sur Dimorphos, qui est trop petit pour produire un effet distinct de celui provenant du corps principal« , poursuit la chercheuse.

Les scientifiques pensent néanmoins qu’il ne s’agit que d’un « tas de décombres » : un conglomérat de rochers détaché jadis de l’astéroïde principal Didymos, qui n’est maintenant maintenu que par la force de gravité. Les résultats de l’impact pourraient confirmer ou non ces soupçons.

Notez enfin qu’un autre vaisseau nommé Hera, développé par l’Agence Spatiale Européenne (ESA), se chargera de cartographier la surface de l’astéroïde percuté. Le vaisseau devait à l’origine arriver sur place avant l’impact pour inspecter le système, puis observer le crash et étudier ses conséquences en détail. L’ESA prévoit toujours de lancer HERA, mais le vaisseau n’atteindra pas le système avant 2027 (mission repoussée pour des raisons budgétaires). Entre-temps, la poussière générée par l’impact aura eu le temps de se dissiper.