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Mieux articuler grâce à un « orthophoniste virtuel » ?

Capture Youtube GIPSA-lab

Des chercheurs français ont un mis au point un système permettant de visualiser, en temps réel, nos propres mouvements de langue. Ce dernier devrait permettre de mieux comprendre, à des fins de correction, notre articulation.

Dans certaines situations, des défauts d’articulation peuvent apparaître tels que le zézaiement et autres troubles de l’élocution notamment suite à un AVC (ou à une chirurgie de la langue). Habituellement, le traitement de ces troubles fait l’objet d’une rééducation orthophonique durant laquelle le patient apprend à positionner correctement sa langue lors de la prise de parole.

Cependant, il s’agit d’une épreuve difficile pour la simple et bonne raison que le patient n’a pas vraiment conscience de la position de sa langue. Une équipe de chercheurs du GIPSA-lab (CNRS/Université Grenoble Alpes/Grenoble INP) et d’Inria Grenoble Rhône-Alpes a mis au point un système destiné à faciliter cette rééducation orthophonique. Il s’agit de pouvoir visualiser en temps réel nos propres mouvements de langue.

Ces mouvements, capturés à l’aide d’une sonde échographique placée sous la mâchoire, sont traités par un algorithme d’apprentissage automatique pilotant ce que les chercheurs appellent une « tête parlante articulatoire ». Le dispositif laisse apparaître le visage, les lèvres mais surtout la langue, le palais et les dents, comme l’indique un communiqué officiel du CNRS concernant ces recherches, ayant également fait l’objet d’une publication dans la revue Speech Communication en octobre 2017.

Thomas Hueber, principal meneur des recherches, évoque « une sorte d’avatar un peu particulier, qui laisse entrevoir en 3D les organes à l’intérieur du conduit vocal, et notamment la langue ». Le système a déjà fait ses preuves sur des personnes sans trouble de l’élocution et est actuellement testé sur des patients ayant subi une intervention chirurgicale de la langue. Il faudra néanmoins attendre deux ou trois ans afin de prendre connaissance des résultats définitifs et de savoir si cette méthode sera réellement applicable dans le cadre de la rééducation orthophonique.

Sources : CNRSScience & Vie