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Des astronomes tombent sur une micronova, un nouveau type d’explosion stellaire

Vue d'artiste d'une micronova. Crédits : ESO/M. Kornmesser, L. Calçada

En s’appuyant sur le Very Large Telescope et le satellite TESS, des astronomes annoncent avoir observé un nouveau type d’explosion stellaire : une micronova. Ces détonations se produiraient au niveau des pôles magnétiques de certaines étoiles naines blanches. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Nature.

Une nova est une étoile qui devient très brutalement extrêmement brillante. Le phénomène se produit dans un système binaire impliquant une naine blanche et une étoile en voie de devenir une géante rouge. Celle-ci perd de sa masse au profit de la première. Un disque d’accrétion se forme alors autour de la naine blanche avant de tomber sur l’étoile.

Les gaz qui impactent la surface sont alors soumis à des pressions et températures suffisamment grandes pour déclencher une explosion thermonucléaire. Ces explosions thermonucléaires, qui impliquent la fusion des atomes d’hydrogène en hélium, se produisent sur toute la surface stellaire pendant plusieurs jours et parfois plusieurs semaines.

Les astronomes connaissent l’existence des novae depuis des siècles. Plus récemment, une équipe aurait cependant découvert l’existence d’un autre type d’explosion stellaire.

Qu’est-ce qu’une micronova ?

Ce qu’elle présente comme une « micronova » implique un événement comparable, mais à plus petite échelle. La détonation est non plus généralisée, mais localisée au niveau des pôles de naines blanches développant de puissants champs magnétiques (qui dirigent la matière vers les pôles magnétiques de l’étoile). Elle est également plus courte, ne durant que quelques heures.

« Pour la première fois, nous avons maintenant vu que la fusion de l’hydrogène peut également se produire de manière localisée. Cela conduit à l’explosion de bombes à microfusion qui ont environ un millionième de la force d’une explosion de nova, d’où le nom de micronova« , souligne Paul Groot, astronome à l’Université Radboud, aux Pays-Bas ».

Si ces événements sont effectivement beaucoup moins puissants que les novae, ne vous y trompez pas : selon les normes terrestres, il s’agit d’explosions tout à fait spectaculaires. Une seule d’entre elles pourrait en effet brûler plus de 3,5 milliards de grandes pyramides de Gizeh en équivalent de matière.

Des événements plus fréquents qu’on ne le pense

Les astronomes expliquent avoir découvert ces micro-explosions pour la première fois lors de l’analyse des données du satellite TESS de la NASA, qui est normalement un chasseur de planètes.

« En parcourant les données astronomiques recueillies par le télescope, nous avons découvert quelque chose d’inhabituel : un flash lumineux de lumière optique d’une durée de quelques heures« , détaille Nathalie Degenaar, astronome à l’Université d’Amsterdam. « En cherchant plus loin, nous avons trouvé trois autres signaux semblables« .

Deux d’entre eux provenaient de naines blanches connues, mais le troisième a nécessité des observations de suivi supplémentaires au moyen de l’instrument X-shooter, installé sur le Very Large Telescope (VLT), situé au Chili. Ces données ont confirmé le statut de naine blanche de l’étoile concernée.

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Vue d’artiste d’une micronova. Crédits : ESO/M. Kornmesser, L. Calçada

Le phénomène remet ainsi en question notre compréhension de la façon dont se produisent les explosions thermonucléaires dans les étoiles. Ces micronovae pourraient également être plus abondantes qu’on ne le pensait auparavant. Étant très fugaces, ces événements restent cependant difficiles à saisir sur le moment. La capture de ces micro-explosions nécessitera donc des enquêtes à grande échelle et des mesures de suivi plus rapides.