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Méthane : cette société met au point des masques pour filtrer les rots des vaches

Crédits : Zelp

Bien qu’ayant une durée de vie bien moins importante que le CO2, le méthane a un pouvoir réchauffant beaucoup plus élevé. Le géant étasunien de l’agriculture Cargill prévoit de commercialiser un produit dans le but de limiter en partie ces émissions. Il s’agit d’un masque à destination des vaches permettant de filtrer leurs rots polluants.

Capturer le méthane des rots des vaches

Il y a peu, nous présentions un rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) relatif aux solutions possibles pour lutter contre les émissions de méthane (CH4). Parmi les trois grandes sources d’émissions, nous retrouvons l’agriculture (40 %), la plus importante. Dans ce domaine, les émanations du bétail arrivent en tête, suivies par celles de la culture du riz. Les flatulences, mais aussi les rots des animaux engendrent en effet des émissions de méthane dans l’atmosphère.

Comme l’explique Bloomberg dans un article du 1er juin 2021, la société Cargill désire commercialiser dès l’an prochain un masque capable de filtrer les rots des bovins. À l’origine de ces masques actuellement en phase de tests, il y a la start-up britannique Zelp pour Zero Emissions Livestock Project (Projet d’élevage zéro émission).

Loin d’être de simples gadgets, ces masques fonctionnant à l’énergie solaire sont de véritables appareils de filtrage. Ils prennent la forme de harnais comportant un cache-nez recouvrant les naseaux des animaux. Selon la start-up, ce système de filtrage est capable de capturer plus de la moitié du méthane que les vaches émettent lorsqu’elles éructent.

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Crédits : Zelp

Une solution sur le court terme

Outre son caractère étonnant, ce dispositif a une particularité qui pourrait susciter des interrogations. En effet, ce type de masque intègre un filtre qui, une fois saturé, déclenche une réaction en chaîne. Le méthane se transforme en effet en CO2 avant d’être relâché dans l’air ambiant. Pour justifier ceci, Cargill et Zelp rappellent que le pouvoir réchauffant du méthane est bien plus important que celui du CO2 (vingt-cinq fois plus !). Néanmoins, il faut aussi savoir que la durée de vie du méthane dans l’atmosphère est de seulement douze ans contre environ un siècle pour le CO2.

Troquer un gaz à effet de serre pour un autre représente-t-il une vraie solution ? Si ce genre de dispositif pourrait être utile, il s’agirait seulement d’une solution sur le court terme. Dans son récent rapport, le PNUE propose une vision plus concrète : procéder à des modifications du régime alimentaire humain. En effet, en consommant moins de viande et autres produits laitiers, des impacts positifs sur les émissions de méthane du bétail seront visibles et surtout durables.