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Quels messages avons-nous envoyé dans l’espace pour les extraterrestres ?

Crédits : enriquelopezgarre/pixabay

Sommes-nous seuls dans la galaxie ? Beaucoup s’interrogent. Au cours de ces dernières décennies, certains ont même tenté de signaler notre présence à d’éventuels extraterrestres. Voici les différents messages envoyés.

On commence en 1962. À l’époque, des chercheurs soviétiques ont en effet pointé un émetteur radio sur Vénus et salué la planète en code Morse. Ce message comprenait trois mots : Mir (“paix” et “monde” en russe), Lénine et SSSR (acronyme de l’alphabet latin pour le nom cyrillique de l’Union soviétique). La tentative était purement symbolique. Plus que tout, il s’agissait pour les Soviétiques de tester un tout nouveau radar visant à cartographier les objets du Système solaire.

En 1969, une plaque commémorative a ensuite été déposée sur la Lune par l’équipage d’Apollo 11. Fixée derrière les échelons du module lunaire, elle affiche une représentation de la Terre et un message de paix du président américain Nixon.

Le dessin de Pioneer

Autre tentative avec une plaque en or et aluminium fixée sur la sonde Pioneer 10, lancée en avril 1972.

Élaborée par Carl Sagan et Frank Drake et dessinée par Linda Sagan, elle représente un couple nu censé représenter l’humanité (la main droite de l’homme est levée en signe de salut), un atome d’hydrogène et un dessin du Système solaire (avec le placement de la Terre). Sont également représentées la trajectoire de la sonde et sa taille comparée à notre stature.

Enfin, elle représente le rythme d’émissions de quatorze pulsars. Concrètement, les longueurs des lignes montrent les distances relatives de ces objets par rapport au Soleil. La position de la Terre pourrait donc être calculée par triangulation.

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La plaque de Pioneer. Crédits : Oona Räisänen

Le message d’Arecibo

Deux ans plus tard, en 1974, une équipe de scientifiques, comprenant toujours les astronomes Frank Drake et Carl Sagan, a cette fois transmis un message radio depuis l’Observatoire Arecibo en direction de Messier 13. Il s’agit d’un amas d’étoiles retrouvé à environ 25 000 années-lumière. Autrement dit, si le message trouve receveurs, nous n’aurons pas de réponse avant au moins 50 000 ans !

L’image, envoyée en code binaire, représente une silhouette humaine, notre taille moyenne, ainsi que le nombre d’humains sur Terre en 1974. Apparaissent aussi le Système solaire, une structure d’ADN à double hélice, un modèle d’atome de carbone et un dessin du radiotélescope d’Arecibo.

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Le message Arecibo, envoyé en 1974 depuis l’Observatoire Arecibo. Des couleurs ont été ajoutées pour mieux voir les différentes parties. Crédits : Arne Nordmann

Le disque d’or de Voyager

Nous n’avons pas uniquement compté sur la radio pour communiquer avec des extraterrestres, mais également lancé des vaisseaux contenant des artefacts terrestres. Dans les sondes Voyager 1 et 2, lancées en 1977 pour explorer les confins de notre Système solaire, sont en effet intégrés un disque d’or contenant de la musique, des sons ambiants de la Terre et 116 images de notre planète et du Système solaire.

Ces deux disques sont également accompagnés d’un stylet permettant leur lecture et d’une source d’uranium 238 (période radioactive de l’ordre de 4,5 milliards d’années) permettant de déterminer le temps écoulé depuis leur lancement.

La jaquette dorée et son disque multimédia placés à bord des sondes Voyager. Crédits : NASA/JPL

Reste à savoir si tous ces messages pourront être trouvés et décryptés. D’après de nombreux spécialistes, les chances que cela se produise sont quasiment nulles. Ce résultat dépend, bien sûr, de l’existence ou non d’extraterrestres “dans le champ de tir” de nos messages. Il faudrait également que cette vie en question écoute attentivement les signaux radio et comprenne suffisamment les mathématiques pour les interpréter.

Enfin, les messages que nous avons envoyés ont tendance à supposer que ces extraterrestres ressentent l’univers de la même manière que nous : avec l’ouïe et la vision. Or, ce n’est peut-être tout simplement pas le cas.