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Même un peu d’alcool augmente le risque de fausse couche

Crédits : MPD01605/Flickr

Une récente méta-analyse suggère que la consommation d’alcool, même modérée, favorise les risques de fausse couche. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Alcoholism : Clinical and Experimental Research.

C’est la question polémique qui revient toujours sur le tapis. S’il est souvent déconseillé aux femmes enceintes de consommer de l’alcool pendant la grossesse, une étude publiée il y a quelques années avait par exemple jeté un pavé dans la mare, concluant que la consommation modérée d’alcool pendant la grossesse n’avait finalement pas d’impact sur le développement de l’enfant. Ces recherches n’avaient montré aucune différence significative sur le plan comportemental entre les enfants nés de mères ayant consommé un peu d’alcool pendant leur grossesse et ceux dont les mères s’étaient abstenues. Cette nouvelle étude, publiée ce jeudi, établit cette fois un lien avec les risques de fausses couches.

19 % plus risqué

Pour ces travaux, des chercheurs américains de l’Université Vanderbilt expliquent avoir effectué une méta-analyse, passant en revue 24 études impliquant plus de 231 000 femmes enceintes. Leur conclusion est formelle : les femmes qui consomment de l’alcool pendant leur grossesse – même en petite quantité – ont 19 % de plus de risques de faire une fausse couche que les femmes qui s’abstiennent.

« Puisque l’alcool est l’une des expositions les plus courantes en début de grossesse, il est essentiel de comprendre le lien entre sa consommation et une fausse couche, explique Alexandra Sundermann, principale auteure de l’étude. Les conséquences négatives, comme le syndrome d’alcoolisme fœtal, sont souvent associées à une consommation excessive dans la culture populaire. Cependant, notre méta-analyse indique que même une consommation modérée d’alcool a un impact significatif sur le risque de fausse couche ».

Cette méta-analyse est d’autant plus importante qu’elle met en relief l’importance du “timing”. De nombreuses femmes arrêtent en effet de consommer de l’alcool une fois le test de grossesse positif. Mais comme le soulignent les chercheurs, le travail de base pour le développement du fœtus se fait durant les premières semaines de grossesse, généralement avant qu’elle ne puisse être détectée.

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Une consommation régulière d’alcool favorise le risque de développer un cancer du sein. Crédits : Pixabay

Éviter les comportements à risques

Il est ainsi conseillé – pour les femmes qui souhaitent planifier leur grossesse – de stopper la consommation d’alcool des semaines avant la conception. Dans le but de prendre le moins de risques possible. Même chose pour le tabac. Il y a quelques semaines, une étude nous révélait en effet que le fait de fumer, même quelques cigarettes, doublait les risques de mort subite du nourrisson.

Plus récemment, on apprenait également que le fait de déménager pendant le premier trimestre de grossesse pouvait favoriser les risques d’accouchement prématuré. Mais cette étude n’est que préliminaire. C’est pourquoi les médecins ne formulent pour le moment aucune recommandation à ce sujet.

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