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Pourquoi le mégalodon s’est-il éteint il y a 2,6 millions d’années ?

Crédits : Wikimedia Commons / Dinosaur Zoo

Pourquoi le mégalodon s’est-il éteint il y a 2,6 millions d’années ? Les hypothèses divergent, mais une étude récente italienne pourrait bien mettre tout le monde d’accord. Et comme bien souvent, des changements climatiques et une incapacité à s’adapter seraient en cause.

Il y a 2,6 millions d’années, le Megalodon (Megaselachus megalodon) régnait dans les mers du Cénozoique avant de soudainement disparaître. Avec une taille comprise entre seize et dix-huit mètres, une gueule de plus de trois mètres de large et des dents mesurant jusqu’à dix-huit centimètres, ce requin préhistorique gigantesque n’avait pas beaucoup d’ennemis et l’animal est aujourd’hui considéré comme un des plus grands prédateurs de l’histoire des vertébrés. Pourtant, les causes de sa disparition restent encore floues, mais selon une étude menée par des chercheurs de l’Université de Pise, en Italie, ce géant des mers se serait éteint à cause de changements climatiques importants et de son incapacité à s’adapter aux menus proposés.

Sur la base de nouvelles analyses de traces de dents laissées sur des fossiles de mammifères marins vieux de sept millions d’années, les chercheurs ont en effet découvert que le mégalodon avait une préférence pour une espèce de phoque, Piscophoca pacificales, mais également pour une espèce de baleine à fanons appelée Piscobalaena nana aujourd’hui éteinte pour laisser place aux grandes baleines que nous connaissons aujourd’hui. Concernant les mammifères marins, chacune de ces proies mesurait environ cinq mètres de long, soit moins d’un tiers de la taille du Megalodon. Mais son repas se faisant de plus en plus rare, le requin eut alors beaucoup de difficultés à s’adapter et à diversifier son alimentation.

Crédits : Scarlet23/WikiMedia Commons

Selon le paléontologiste Alberto Collareta, principal auteur de cette étude, les changements climatiques et notamment le refroidissement de la Terre opéré à l’époque auraient causé la formation de grandes étendues de glace au niveau des pôles, entraînant ainsi une baisse du niveau des mers et une réduction du littoral. Ce changement aurait poussé les baleines à migrer au cœur des océans, dans des eaux plus profondes. Elles ont ainsi évolué et sont devenues plus larges et puissantes et ont pu entamer de très longues migrations vers les pôles. Les chercheurs affirment que ce changement dans les populations de baleines aurait poussé le mégalodon à chasser des proies désormais trop grandes pour lui dans des zones quasi désertes (habitats côtiers), ce dernier étant bien incapable de survivre aux eaux glacées des pôles où les plus grandes créatures marines migraient pour se nourrir.

L’étude suggère donc une disparition progressive de ses proies de prédilection, mais d’autres recherches seront nécessaires pour comprendre tous les aspects de l’effondrement de mégalodon. À partir de la fin de Miocène, il y a environ sept millions d’années, les Mégalodon étaient en effet déjà sur le déclin comme en témoigne le nombre réduit de fossiles retrouvés datant depuis cette période. Toutefois, en parallèle, une forte densité de fossiles appartenant à des prédateurs qui auraient pu lui faire concurrence a été observée, ces derniers appartenant notamment aux cachalots, orques et aux requins blancs préhistoriques. Plus adaptés ?

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