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Méduses : un antidote contre le venin le plus puissant au monde

Une méduse-boîte. Crédits : Wikipédia

Des chercheurs australiens annoncent avoir mis au point un premier antidote contre le venin de la méduse-boîte, le plus puissant de la planète. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Nature Communications.

Une tête transparente, de fins et longs tentacules, les méduses-boîtes (la plus dangereuse est Chironex fleckeri) sont incroyablement belles… de loin. Si au premier abord elles ne paraissent pas particulièrement redoutables, il faut bien savoir que le moindre contact peut vous être fatal. Ces méduses, parfois surnommées “guêpes de mer”, font en effet partie des animaux les plus dangereux de la planète. Leur secret : un puissant venin cardiotoxique. Une seule méduse posséderait même assez de poison pour tuer jusqu’à 60 personnes.

Le venin a besoin de cholestérol

Le contact avec les tentacules de ces jolies méduses déclenche en effet la libération explosive de nématocystes, qui transmettent un venin puissant à action rapide à la victime. Une seule piqûre suffit pour provoquer une douleur atroce et une nécrose de la peau. Si la dose de venin est suffisamment importante, peuvent alors s’ensuivre un arrêt cardiaque et la mort en quelques minutes. Il a donc fallu trouver un antidote, une solution permettant de retourner une situation perdue d’avance.

Pour ce faire, les chercheurs ont prélevé des millions de cellules humaines. L’outil d’édition de gènes CRISPR a ensuite été utilisé pour détruire différents gènes. L’idée consistait alors à analyser la réaction de chacune de ces cellules au contact du venin. Alors que le poison avait effectivement tué la plupart des cellules, quelques-unes ont néanmoins survécu.

En analysant les “survivantes”, et en vérifiant les gènes qui leur manquaient (supprimés par CRISPR), les chercheurs ont alors pu remarquer qu’une protéine – appelée ATP2B1 – était nécessaire pour que le venin soit efficace. Et ATP2B1 a besoin de cholestérol (un type de lipide).

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Chiropsalmus quadrigatus, une méduse-boîte. Crédits : Wikipédia

Après avoir testé plusieurs médicaments existants capables de cibler le cholestérol, les chercheurs expliquent en avoir identifié un susceptible de bloquer le poison. Le traitement serait en effet capable de soulager la douleur et la nécrose de la peau (s’il est administré en moins de quinze minutes). « En revanche, nous ne savons pas encore s’il peut prévenir les crises cardiaques, note Greg Neely, co-auteur de l’étude. Nous devons poursuivre nos recherches et nous avons fait une demande de financement pour cela ».

À terme, expliquent les chercheurs, le produit final pourrait alors prendre la forme d’une crème ou d’un spray topique à administrer en cas d’urgence. Notons qu’on recense à ce jour une soixantaine de décès à cause de Chironex fleckeri depuis 1884 en Australie. Les décès sont de nos jours beaucoup plus rares, touchant essentiellement les enfants et individus fragiles.

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