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La Chine présente Maya, le premier loup arctique cloné au monde

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Crédits : Sinogene Biotechnology

La Sinogene Biotechnology Company, une société chinoise spécialisée dans le clonage d’animaux de compagnie, vient d’annoncer la naissance du premier loup arctique cloné au monde, nommé Maya. L’animal a été mis au monde par une femelle Beagle.

Une première louve clonée

La louve clonée, nommée Maya, est née le 10 juin, mais son existence n’a été révélée au monde que le 19 septembre dernier lors d’une conférence de presse tenue à Pékin par la Sinogene Biotechnology Company.

Habituellement, la société se concentre sur le clonage d’animaux morts, tels que des chats et des chiens, pour des clients privés. À l’avenir, elle aimerait cependant utiliser son expertise pour aider à cloner des espèces menacées à des fins de conservation. La naissance de Maya ne témoigne pas vraiment de cette volonté puisque les loups arctiques, une sous-espèce de loups gris, ne sont pas en voie de disparition.

Maya a été clonée grâce à de l’ADN prélevé sur un loup arctique adulte, également nommé Maya, mort de vieillesse en captivité l’année dernière dans un parc animalier du nord-est de la Chine.

Les généticiens de la société ont créé à l’origine 137 embryons de loups arctiques en fusionnant des cellules cutanées de ce mâle avec des ovules immatures de chiens, en utilisant un processus connu sous le nom de transfert nucléaire de cellules somatiques (SCNT). Parmi ces embryons, 85 ont été transplantés avec succès dans sept femelles Beagle (il n’y avait pas assez de louves en captivité). Rappelons que les chiens partagent suffisamment d’ADN avec les loups pour permettre des grossesses hybrides réussies. Au final, un seul de ces embryons s’est complètement développé pendant la grossesse.

Maya vit maintenant avec sa mère porteuse dans un laboratoire à Xuzhou, dans l’est du pays. Elle sera ensuite transférée vers un parc animalier avec d’autres loups arctiques. La société Sinogene a également annoncé un nouveau partenariat avec le Beijing Wildlife Park pour cloner davantage d’espèces captives à l’avenir.

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Maya, peu de temps après sa naissance. Crédits : Sinogene Biotechnology
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Maya avec sa mère. Crédits : Sinogene Biotechnology

Le clonage, un outil d’avenir ?

Le terme « clonage » fait souvent bondir, mais cette approche pourrait être une véritable bouée de sauvetage pour les espèces en danger. Le principal avantage du clonage d’espèces en voie de disparition est qu’il permet de maintenir la quantité de diversité génétique au sein d’une espèce. Si ces animaux peuvent se reproduire avec d’autres individus non clonés, cela donne aux espèces menacées une chance de s’adapter aux pressions qui les poussent vers l’extinction.

Le clonage peut également être utilisé en conjonction avec les programmes d’élevage en captivité. Plutôt que de prélever des animaux dans la nature pour élever des populations de secours en captivité, les chercheurs peuvent ne prélever que des échantillons génétiques de ces animaux sauvages pour ensuite créer des clones. Ces animaux pourraient ensuite être introduits dans la nature dans le but de reconstituer les effectifs en difficulté.

Le clonage a naturellement quelques limites. Déjà, tous les animaux ne peuvent pas encore être clonés avec succès. C’est notamment le cas des oiseaux, reptiles et autres mammifères pondeurs, car les œufs ne se développent pas correctement avec ce type d’approche. Par ailleurs, le taux de réussite est également très faible en comparaison à d’autres approches, telles que l’insémination artificielle ou à la fécondation in vitro. Les chercheurs doivent en effet souvent créer des centaines d’embryons et utiliser plusieurs mères porteuses pour n’obtenir qu’une seule naissance viable, ce qui rend le processus encore très coûteux.