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Mauvaise nouvelle : TRAPPIST-1 n’est pas le paradis extraterrestre que nous espérions

Crédits ESO/M. Kornmesser

Il y a quelques semaines, la NASA annonçait la découverte de sept nouvelles planètes orbitant autour d’une étoile naine à seulement 39 années-lumière. Confinées dans un système désormais baptisé TRAPPIST-1, ces nouvelles planètes semblent rocheuses et avec des températures jugées « conviviales » qui pourraient permettre à la vie de se développer. Mais est-ce vraiment possible ? Visiblement non et l’étoile serait en cause.

Les naines rouges représentent 70 et 90 % des étoiles de notre galaxie et sont beaucoup plus modestes que notre Soleil, mais elles ont l’avantage de vivre beaucoup plus longtemps (leur durée de vie se mesure en plusieurs centaines de milliards d’années). Leurs longues vies font de ces étoiles des cibles potentielles dans la recherche de mondes habitables. Mais certaines de ces étoiles aussi sont connues pour être très instables, notamment à cause de champs magnétiques très intenses. Et selon des analyses récentes dont les détails seront prochainement publiés dans la revue Astrophysical Journal, l’étoile TRAPPIST-1 pourrait effectivement être une hôte terrible pour ses planètes.

Une équipe de chercheurs dirigée par l’astronome Krisztián Vida, de l’Observatoire Konkoly en Hongrie, a analysé des modèles de luminosité des premières données photométriques de TRAPPIST-1 obtenues grâce à la mission K2 du télescope spatial Kepler de la NASA. Les données rapportent une période d’observation étalée sur 80 jours et suggèrent que TRAPPIST-1 émet des éruptions trop puissantes et trop fréquentes pour permettre à la vie de se former (et encore moins de se développer) sur ses planètes.

L’étude a notamment permis d’identifier 42 éruptions, dont cinq étaient des éruptions dites « multipointes », ce qui signifie que plusieurs rafales ont été enregistrées en une seule fois. L’éruption la plus puissante enregistrée était aussi violente que le triste Événement de Carrington survenu en 1859 et considéré à ce jour comme la plus grande tempête solaire connue de l’humanité. Si une telle éruption survenait aujourd’hui, elle anéantirait tous les systèmes de communication. Notons également que le temps moyen entre chaque éruption n’était que de 28 heures.

La Terre a survécu à l’Événement de Carrington, mais rappelons que les planètes du système TRAPPIST-1 sont plus proches de leur étoile que la Terre ne l’est du Soleil. Les auteurs de cette analyse soulignent également que ce ne sont pas des incidents isolés dans ce système. Celles-ci se produisent si souvent qu’elles détruiraient toute stabilité dans l’atmosphère, ce qui rendrait extrêmement difficile à la vie de se développer. Pour vous donner une idée, les modèles suggèrent en effet qu’il faudrait pas moins de 30 000 ans à une atmosphère pour se remettre de l’une de ces éruptions.

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