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Désormais, les matériaux fabriqués par l’Homme pèsent plus lourd que l’ensemble du monde vivant

Crédits : AJS1 / Pixabay

Malgré l’actuelle pandémie de Covid-19, l’empreinte de l’humanité sur la planète semble avoir franchi un nouveau palier cette année. Selon une étude récente, la masse des produits fabriqués par les êtres humains vient de dépasser celle de l’ensemble du monde vivant.

Biomasse VS masse anthropique

Tout ce que l’humanité fabrique (et a fabriqué) représente une masse différenciable de la biomasse d’origine naturelle. Par opposition, il est donc question de « masse anthropique ». Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Nature le 9 décembre 2020, des chercheurs du Weizmann Institute of Science (Israël) estiment que cette masse anthropique dépasse désormais la biomasse d’origine naturelle. La première est estimée à 1,1 teratonne et la seconde, à 1 teratonne. La différence est donc de 0,1 teratonne, soit 100 milliards de tonnes.

Afin d’obtenir ce résultat, les scientifiques ont calculé la masse totale des bâtiments, routes, voitures, avions et autres produits manufacturés. Les chercheurs ont ensuite comparé la masse obtenue avec celle du vivant. Cela inclut celle des végétaux et du milieu marin en passant par la faune.

Los Angeles ville
Crédits : 12019 / Pixabay

Une tendance qui n’est pas prête de disparaître

L’évolution des productions humaines en comparaison avec la disparition progressive de la biomasse est ce qui a le plus frappé les chercheurs de l’étude. Par ailleurs, ils estiment que la croissance n’est pas compatible avec la diminution des impacts environnementaux. Rappelons tout de même qu’au début du XXe siècle, la masse anthropique représentait seulement 3 % du poids total de la biomasse ! Or, la globalisation, le progrès et l’apparition de nouveaux matériaux tels que le béton ont fait exploser la masse anthropique. Cette dernière a doublé tous les vingt ans.

Les scientifiques ont affirmé que les principales sources de la masse anthropique sont liées à la construction des bâtiments et des routes. Les bâtiments ont en effet tendance à pousser comme des champignons : l’équivalent de huit villes de la taille de New York s’ajoute chaque année au bâti existant ! En face, la biomasse d’origine naturelle est en chute. Depuis la période néolithique il y a 10 000 ans, l’agriculture intensive comme la déforestation ont contribué à une réduction de moitié de la biomasse. Par ailleurs, la Terre a perdu près de cent millions d’hectares de forêts durant ces vingt dernières années.

Malgré les différentes décisions en matière de protection de l’environnement et de lutte contre le dérèglement climatique, cette tendance ne devrait pas s’inverser. Selon les chercheurs, il se pourrait que la masse anthropique atteigne la barre des 3 teratonnes à l’horizon 2040 si les rythmes de production actuels se poursuivent.