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Un massacre vieux de 6 000 ans mis au jour en Alsace

Crédits : iStock

Une équipe d’archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) a mis au jour les vestiges d’un massacre vieux de plus de 6 000 ans sur le site d’Achenheim, près de Strasbourg, dans le Bas-Rhin en Alsace. 

À Achenheim, à une dizaine de kilomètres de Strasbourg, une équipe de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) a découvert un ensemble de plus 300 « silos », des fosses couvertes qui servaient surtout à entreposer céréales et autres denrées au Néolithique. Mais ce n’est pas la seule découverte réalisée par cette équipe, puisqu’au fond de l’un de ces silos, ce sont les restes de six individus qui ont été mis au jour.

Une scène de crime dont les ossements présentent tous de nombreuses fractures notamment aux jambes, aux mains et au crâne, et qui se serait déroulée au Néolithique, 4200 ans avant notre ère. Six hommes, cinq adultes et un adolescent, ce qui laisse penser à des guerriers, tous gisant de façon désordonnée sur le dos, le ventre et le côté. « Ce qui nous a d’abord interpellé, raconte Fanny Chenal, anthropologue à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), c’est la disposition de ces six individus masculins, cinq adultes et un adolescent de 15 à 19 ans : certains reposaient sur le dos, d’autres sur le ventre ou le côté, avec les membres en positions désordonnées. Ces postures invraisemblables ne relevaient pas d’une pratique funéraire. » Philippe Lefranc, responsable des fouilles, ajoute : « Leurs corps présentaient de nombreuses fractures aux membres inférieurs, ainsi qu’aux mains, côtes, bassins ou crânes. Leurs agresseurs se sont acharnés sur eux pour les réduire en miettes !« 

La découverte concerne en réalité 10 personnes, puisque ces six corps gisaient avec quatre autres bras gauches, dont l’un avait dû appartenir à un adolescent de 12 à 16 ans, « Ce qui porte en réalité ces découvertes à dix personnes, dont quatre n’étaient représentées que par un bras !« , précise l’archéologue. Il suggère qu’il s’agit là de trophées de guerre, puisqu’en 2012, un autre de ces « carnages néolithiques » avait déjà été décrit dans la même région, à Bergheim, où huit individus avaient été découverts, dont sept avaient été amputés du bras gauche. « Rencontrer à deux reprises ces bras coupés dans des contextes de violence ne peut pas être une coïncidence« .

Source : INRAP