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Mars : dernière ligne droite pour le rover Perseverance

Crédits : NASA / JPL-Caltech

Le long voyage du rover Perseverance en direction de la planète est presque terminé. Le véhicule, lancé le 30 juillet dernier, devrait atterrir à l’intérieur du cratère Jezero le 18 février, comme prévu, vient de faire savoir la NASA.

Persévérance est la pièce maîtresse de la mission américaine Mars 2020 (2,7 milliards de dollars). Son principal objectif sera de rechercher des traces de vie passée dans le sol du cratère Jezero, une formation de quarante-cinq kilomètres de large jadis tapissée d’un lac et d’un delta de rivières.

Naturellement, il sera probablement compliqué pour Perseverance de prouver définitivement la présence de vie fossilisée, si tant qu’elle soit bien présente, ont déclaré les membres de l’équipe de mission. Aussi, le rover se chargera de mettre les échantillons les plus prometteurs sous scellée en vue d’une future mission dirigée conjointement par la NASA et l’ESA visant à les ramener sur Terre au début des années 2030. Il s’agirait alors d’une première.

Ces matériaux martiens pourront ensuite être étudiés par des scientifiques s’appuyant sur une instrumentation de pointe, tout comme ce fut le cas avec les roches lunaires des missions Apollo. « Ces échantillons auront ainsi le potentiel de changer profondément notre compréhension de l’origine, de l’évolution et de la distribution de la vie sur Terre et ailleurs dans le système solaire », a déclaré Lori Glaze, directrice de la Division des sciences planétaires de la NASA.

Sept minutes de terreur

Naturellement, tout cela ne sera possible que si le rover atterrit avec succès. On ne le répétera jamais assez, mais il est très compliqué de se poser sur cette planète, tant son atmosphère est fine. D’autant qu’avec ses 1025 kilos sur la balance, Perseverance est plus lourd que n’importe quelle autre charge utile jamais envoyée sur Mars.

« Je ne pense pas que j’exagère quand je dis que l’entrée, la descente et l’atterrissage sont la partie la plus critique et la plus dangereuse de cette mission », note en effet noté Allen Chen, du Jet Propulsion Laboratory de la NASA. « Le succès n’est jamais assuré. Et c’est particulièrement vrai lorsque nous essayons de faire atterrir le rover le plus gros, le plus lourd et le plus compliqué que nous ayons jamais construit sur le site le plus dangereux que nous ayons jamais tenté d’atterrir ».

Tout comme ce fut le cas avec le rover Curiosity, les instants les plus critiques de cette mission seront probablement les dernières minutes de la phase d’atterrissage ; sept minutes de terreur au cours desquelles Perseverance ne pourra plus communiquer avec la Terre.

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Cette illustration montre les dernières étapes du voyage de près de sept mois du rover Perseverance. Crédits : NASA/JPL-Caltech

Un premier « hélicoptère » sur une autre planète

Il est également prévu que cette mission ouvre la voie à de futurs efforts d’exploration inédits. Un petit giravion nommé Ingenuity, par exemple, sera déployé sur Mars peu de temps après l’atterrissage de Perseverance. Son objectif sera d’effectuer plusieurs vols d’essai, le premier jamais réalisé par un véhicule sur une autre planète. Si Ingenuity fonctionne bien, ces petits hélicoptères pourraient alors sillonner le ciel martien dans un avenir proche, servant d’éclaireurs pour les rovers et autres explorateurs humains, et/ou collectant eux-mêmes des données.

Perseverance comporte également un instrument appelé MOXIE (Mars Oxygen ISRU Experiment) qui vise à générer de l’oxygène à partir de la mince atmosphère martienne dominée par le dioxyde de carbone (CO2). Une telle technologie, une fois mise à l’échelle, pourrait aider les futurs explorateurs à s’installer sur la planète rouge.