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Mars : une peinture intégrant des bactéries vivantes pour produire de l’oxygène

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Crédits : SpaceX

Au Royaume-Uni, des chercheurs ont élaboré une peinture, plus précisément un biorevêtement, qui pourrait entre autres faciliter la colonisation de la planète rouge. En effet, ce revêtement intègre des bactéries vivantes dont le but est de produire de l’oxygène dans des conditions extrêmes.

Une peinture et des revêtements toujours plus innovants

Dans le bâtiment, certains revêtements et peintures apparaissent comme étant de véritables innovations. En 2021 par exemple, des chercheurs ont présenté la peinture la plus blanche du monde qui serait plus efficace qu’un climatiseur. En 2020, d’autres scientifiques ont dévoilé une peinture qui permet de rendre tactile n’importe quelle surface.

Au Royaume-Uni récemment, un autre genre de peinture a vu le jour. Les scientifiques de l’Université de Surrey se sont intéressés à la bactérie Chroococcidiopsis cubana, capable d’absorber le dioxyde de carbone tout en produisant de l’oxygène, le fameux processus de photosynthèse. Ainsi est née la « Green Living Paint », une peinture présentée comme étant biologique.

Selon les chercheurs à l’origine de ce projet, l’humanité a besoin de matériaux durables et respectueux de l’environnement à la fois pour répondre aux défis en lien avec le dérèglement climatique sur Terre et avec les ambitions de colonisation d’autres planètes comme Mars.

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Des bactéries Chroococcidiopsis cubana. Crédits : Culture Collection of Autotrophic Organisms (CCALA)

Une production d’oxygène stable

Le biorevêtement présenté dans la revue Microbiology Spectrum en septembre 2023 intègre des couches de bactéries. De plus, le développement de ces organismes est durable dans la mesure où la peinture ne contient aucune substance nocive. Durant la conception, un des plus grands défis était de générer suffisamment de pores afin de permettre une bonne hydratation et un transport cellulaire efficace tout en évitant de négliger la résistance mécanique ainsi que les autres qualités habituelles des peintures classiques. Ainsi, les scientifiques ont élaboré un genre de matrice qui n’est autre qu’un mélange de latex et de particules de nanoargile.

Afin de s’assurer des qualités de leur innovation, les chercheurs britanniques ont observé durant un mois la santé des bactéries ainsi que la capacité de production d’oxygène de la peinture. Selon les résultats, le biorevêtement produit chaque jour jusqu’à 0,4 g d’oxygène par gramme de biomasse. Or, cette quantité est équivalente à 400 g d’oxygène par kilogramme de peinture. L’autre intérêt de cette peinture est que la production apparaît stable en permanence et ne subit donc aucune fluctuation.

Au-delà des applications possibles évidentes sur Terre, le revêtement en question pourrait être un atout de poids pour la future colonisation de la planète Mars, mais également dans le cadre de l’établissement d’une base permanente sur la Lune.