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Mars One : le premier mort au bout de 68 jours selon le MIT

Crédits : NASA

Cinq étudiants du MIT ont publié un rapport selon lequel les premiers participants à l’aller simple vers Mars risqueraient la famine et l’asphyxie au bout d’à peine deux mois. Le directeur général du projet admet certaines difficultés mais reste optimiste.

Deux ans après l’annonce du développement de la première télé-réalité interplanétaire, il ne reste plus que 705 candidats sur les 200 000 volontaires ; ils ne seront plus que 24 quand partira le premier convoi, chargé des 4 premiers colons humains émigrant -définitivement- vers une nouvelle planète. L’arrivée est programmée pour 2025.

Mais l’étude publiée début octobre lors du congrès astronautique de Toronto jette une ombre catastrophiste au tableau : le rapport indépendant (basé sur les données fournies par Mars One) tend à démontrer que dans l’état actuel du projet et des technologies disponibles, les pionniers seront incapables d’assurer les conditions de leur survie.

La dose fait le poison

L’un des points majeurs à être soulevé est celui de l’excès inévitable d’oxygène dans les habitats martiens. Selon les directives de la mission, les plantes servant à générer l’oxygène partageront en effet les mêmes installations que les colons, afin d’économiser les surfaces à pressuriser.

Se pose alors le problème de la ventilation : comment rejeter l’oxygène en trop sans faire de même avec l’azote ? Si l’excès du premier augmente dangereusement les risques d’incendies, le second est nécessaire pour maintenir une pressurisation suffisante des zones de vie. Les départs de feu pourraient logiquement menacer les cultures et par conséquent la survie des colons. Or, les chercheurs expliquent que la technologie permettant de dissocier intelligemment les réserves de gaz reste à développer.

Le directeur général de Mars One, Bas Lansdorp, tempère cette conclusion lors d’une interview accordée à Popular Science : « J’ai parlé à des gens très compétents -des experts de Lockheed Martin notamment- qui assurent que ces technologies fonctionneront. Elles ont été largement testées sur Terre, et très bien assimilées. » Des tests qui ne garantissent pas une telle efficacité sur la planète rouge… Et en cas de panne, il faudra attendre que les pièces nécessaires traversent l’espace interplanétaire.

Le budget des pièces détachées pourrait exploser

Car avant d’envisager l’autonomie, les colons devront dépendre du matériel acheminé depuis la Terre. Chaque convoi fera grimper la facture, que les chercheurs estiment au mieux à 4,5 milliards de dollars : les dépassements de budget risquent fortement d’impacter sur le fonctionnement des installations sur Mars, compromettant là aussi la sécurité des colons.

Un point que concède le directeur de la mission : « le plus grand défi de Mars One est de tout garder en état de marche. » La compagnie Mars One doit donc encore franchir de nombreux obstacles pour être prête à l’horizon 2025.

Sources : Popular Science, l’étude (en anglais), Afp, Mars One