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Mars : une mystérieuse source de méthane localisée non loin de Curiosity

Crédits : NASA/JPL-Caltech/MSSS

Plusieurs pics de méthane ont été détectés par les instruments de Curiosity depuis son arrivée sur Mars en 2012 dans le cratère Gale. On ignore encore quelles en sont les sources, mais une étude récente pourrait bientôt nous y conduire.

Des traces de méthane dans l’atmosphère de Mars sont détectées depuis une quinzaine d’années, principalement par la sonde Mars Express et le ExoMars Trace Gas Orbiter (Agence spatiale européenne). Toutefois, le rover Curiosity, qui évolue dans le cratère Gale depuis 2012, en a détecté également (six pics au total). La moyenne de concentration tournait alors autour de dix parties par milliard (ppm). Imaginez alors une pincée de sel dans un bassin olympique. Mais d’où vient tout ce méthane ?

Dans le cadre de récents travaux, des chercheurs du California Institute of Technology ont modélisé les différents pics de méthane enregistrés par le rover Curiosity depuis 2012 en prenant en compte la vitesse et la direction du vent au moment de leur détection. L’équipe a ensuite fait “machine arrière” dans le but de retracer ces particules jusqu’à leurs éventuels points d’émission.

Les chercheurs ont opéré ainsi pour tous les pics de détection. Et visiblement, l’une de ces sources de méthane ne se trouve qu’à quelques dizaines de kilomètres au sud-ouest du rover Curiosity. Les résultats de ces travaux, publiés sur le serveur de préimpression Research Square, n’ont en revanche pas encore été évalués par des pairs.

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Autoportrait de Curiosity capturé sur Mars le 3 février 2013. Crédits : NASA

Une origine biologique ?

Cette étude n’est pas anodine. En effet, nous savons que sur Terre, près de 90% du méthane atmosphérique est produit par des êtres vivants. Partant de ce principe, nous pourrions alors imaginer que le méthane martien soit également un signe de vie produit par une vie d’origine bactérienne.

Toutefois, des processus non biologiques pourraient également être la source de ces émanations. Citons notamment l’impact du Soleil sur certains types de roches, par exemple. Rappelons que les quatre géantes gazeuses de notre système ont elles aussi beaucoup de méthane dans leur atmosphère. Or, on imagine difficilement la vie se développer sur ces mondes.

Les tentatives précédentes de recouper les pics de méthane de Curiosity avec les niveaux de méthane atmosphérique détectés depuis le ciel martien ont jusqu’à présent échoué. Il se pourrait ainsi que Curiosity soit véritablement “garé” non loin d’une source locale.

Qu’elle soit biologique ou non, rappelons que la durée de vie détectable du méthane n’est que de 330 ans après exposition au soleil. Cela signifie que tout ce qui a produit le méthane détecté par Curiosity pourrait encore le produire aujourd’hui.