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Sur Mars, une grande partie de la surface est toxique

Capture du film Seul sur Mars

Sur Mars, il n’y a pas que l’air qui est toxique. Les sols le seraient également. C’est en tout le cas ce que suggère une étude menée par des chercheurs de l’Université d’Édimbourg, en Écosse. Ce serait la faute à l’atmosphère qui est quasi inexistante.

Nous savons que la surface de Mars n’est pas un havre de paix, mais les chercheurs se sont longtemps demandé si des micro-organismes pouvaient au moins survivre dans les sols martiens. Et selon toute vraisemblance, vivre sur la planète rouge pourrait être beaucoup plus compliqué que prévu. Une équipe de l’École de physique et d’astronomie de l’Université d’Édimbourg s’est récemment intéressée aux perchlorates, des sels présents en abondance sur Mars. Ces composés, bien que stables à températures modérées, constituent visiblement un puissant oxydant lorsqu’ils sont exposés aux rayons ultraviolets. Le problème, c’est que sur Mars l’atmosphère est si mince que ces rayons inondent les sols, faisant de la surface un véritable cocktail explosif.

« Nous avons démontré que lorsqu’on irradie les perchlorates avec un flux de rayons UV semblables à ceux sur Mars, ils deviennent bactéricides », indiquent les chercheurs dans une étude publiée le jeudi 6 juillet 2017 dans la revue Scientific Reports. En exposant en laboratoire la bactérie Bacillus subtilis aux conditions régnant sur la planète rouge, les chercheurs ont assisté à sa « mort » en quelques minutes seulement. Aucune des autres bactéries n’a survécu à ce test. Pour ne rien arranger, deux autres composés présents sur Mars, l’oxyde de fer et le peroxyde d’hydrogène, agissent en synergie avec les perchlorates, augmentant encore la mortalité des bactéries.

Selon les chercheurs, les effets bactéricides des perchlorates irradiés par les UV « apportent une nouvelle preuve que la surface de Mars est létale pour les cellules et qu’elle rend inhabitable une grande partie des régions à la surface ou proches de la surface. Si nous voulons découvrir de la vie sur Mars, il faut prendre en compte ces résultats et s’intéresser aux moyens de chercher de la vie sous la surface, dans des zones qui n’auront pas été exposées à de telles conditions ».

Vous l’aurez compris, c’est donc compliqué. Et parce que les perchlorates sont partout dans les sols martiens, les chercheurs estiment qu’une grande partie de la surface de la planète peut aujourd’hui être considérée comme « inhabitable », tant le climat est délétère pour les cellules. Il y a au moins un point positif souligné dans l’étude : avec un tel cocktail toxique, les contaminants biologiques apportés par les missions d’exploration martiennes auront « peu de chance de survivre ».

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