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Mars est 1000 fois plus sèche que les endroits les plus arides de la Terre

Crédits : Wikimedia Commons

S’établir sur la planète rouge est une entreprise compliquée si l’on considère tous les défis que présente son environnement. En plus d’être très froide et sujette à beaucoup de rayonnement, la surface de Mars est aujourd’hui extrêmement sèche. Selon une nouvelle étude menée par des chercheurs du Centre de recherche Ames de la NASA, le sol martien est environ 1000 fois plus sec que certaines des régions les plus sèches de la Terre.

L’étude consistait ici à déterminer si des micro-organismes pouvaient ou non survivre aux conditions martiennes. Pour répondre à cette question, l’équipe s’est rendue au désert d’Atacama au Chili, une bande de terre de 1000 km que vous retrouverez sur la côte ouest de l’Amérique du Sud. Avec des précipitations moyennes de seulement 1 à 3 mm par an, le désert d’Atacama est connu comme étant l’endroit non polaire le plus sec au monde. Cependant, celui-ci n’est pas uniformément sec et connaît différents niveaux de précipitations en fonction de la latitude observée. De l’extrémité sud à celle du nord, les précipitations annuelles passent de quelques millimètres de pluie par année à seulement quelques millimètres de pluie par décennie. Cet environnement a donc offert l’opportunité d’évaluer le potentiel de vie à des niveaux décroissants de précipitations, permettant ainsi aux chercheurs de placer des contraintes sur la capacité de survie des micro-organismes.

C’est à l’extrémité nord du désert (dans la région d’Antofagasta) que les conditions sont les plus « martiennes » (1 mm de pluie par an). En plus de voir si les microbes pouvaient survivre dans cet environnement, l’équipe a également cherché à déterminer s’ils étaient capables de croissance et de reproduction. Si tel était effectivement le cas, alors une vie microbienne aurait une chance, pourquoi pas, de survivre, voire d’évoluer sur la planète rouge.

Les chercheurs recueillent des échantillons de la surface du désert d’Atacama, au Chili. Crédits : NASA Ames Research Center

Après avoir recueilli des échantillons de sol à travers le désert, l’équipe de recherche a commencé à effectuer des tests pour voir si les micro-organismes montraient des marqueurs de stress. Le but était de voir si la vie pouvait ou non se développer – les organismes en état de dormance (c’est-à-dire qui survivent) ne montrant aucun signe de stress. Les chercheurs ont pour ce faire analysé des changements dans la structure lipidique des membranes externes des cellules, qui deviennent typiquement plus rigides en réponse au stress. Ils ont alors découvert que dans les parties les moins sèches du désert d’Atacama, ce marqueur de stress était présent. Mais étrangement, ces mêmes marqueurs manquaient dans les régions les plus sèches du désert, où les microbes se devaient d’être normalement plus stressés.

Ainsi, sur la base de ces résultats, la présence de quantités minimes d’eau est suffisante pour que les organismes puissent encore croître. Mais d’un autre côté, l’environnement est si sec que les organismes peuvent survivre, mais il faut prendre en compte le fait qu’ils ne grandiront et ne se reproduiront pas. L’équipe a par ailleurs trouvé dans les échantillons des traces de microbes morts depuis au moins 10 000 ans.

Étant donné que Mars est 1 000 fois plus sèche que les parties les plus arides d’Atacama, ces résultats ne sont donc pas très encourageants. Mais la découverte de résidus d’une vie microbienne passée dans les zones les plus sèches du désert chilien est une très bonne nouvelle pour les recherches de la vie – même antérieures – sur Mars. Au Chili, ces microbes auraient pu évoluer lorsque les conditions étaient plus humides. En d’autres termes, si Mars abritait jadis la vie alors que son environnement était plus chaud et plus humide, des traces de celle-ci pourraient encore exister.

Vous retrouverez tous les détails de cette étude dans la revue Astrobiology.

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